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A-t-on tiré une leçon de la crise? La réponse de la présidente du FMI

09/06/2014 07:09 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
International Monetary Fund (IMF) Managing Director Christine LaGarde makes a statement about sanctions leveled against Russia, during a news conference following an IMF Executive Board meeting at IMF Headquarters in Washington, Wednesday, April 30, 2014. LaGarde announced that the IMF board has approved a two-year, $17 billion loan package for Ukraine. (AP Photo/Cliff Owen)

Les traces laissées par la crise financière de 2008 se font encore bien sentir, prévient la présidente du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. En entrevue avec Anne-Marie Dussault, elle assure qu'il faut en tirer des leçons, allant jusqu'à plaider pour un changement de culture.

« Ce qui a été sans précédent et sans référence, c'est d'abord l'impact du secteur financier et la contamination extrêmement rapide de la crise par le secteur financier. Cet aspect-là a été sous-estimé par tout le monde », analyse-t-elle.

La mission du FMI à cet égard est loin d'être terminée. « Des réformes en profondeur doivent se poursuivre, à la fois sur les bilans, avec une bonne capitalisation et des ratios de liquidités respectés, mais aussi avec un changement de culture », avance Mme Lagarde.

Et si le prix de l'austérité est élevé, ses principes font partie de la solution à terme.

« Ce qui est important, c'est la disciplinaire budgétaire. On ne peut pas en permanence augmenter la dette et faire comme si de rien n'était, se dire qu'on passera ça à la prochaine génération », soutient-elle.

Des inégalités en croissance

En attendant, la première femme à être élue au poste de présidente du FMI sonne l'alarme. Les inégalités ont augmenté au sein des pays, notamment en raison de la crise de 2008. Elle-même a souvent dénoncé des inégalités extrêmes. À ce jour, 85 personnes sont aussi riches que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes.

« Pour moi, un pays, ce n'est pas seulement un bilan, ce n'est pas seulement un compte d'exploitation. C'est aussi et avant tout une population, des gens qui souffrent, des gens qui cherchent un travail, des gens qui veulent s'intégrer, créer de l'activité économique, et c'est dans cette perspective-là que notre action s'inscrit », indique-t-elle.

Le retour de la croissance économique, dit-elle, permettra de réduire cet écart grandissant.

« La première inégalité, c'est l'inégalité devant l'emploi, et donc la croissance qui crée des emplois réduit la première des inégalités qui est celle de l'emploi », résume-t-elle.

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