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Premiers entretiens indo-chinois depuis la victoire des nationalistes indiens aux législatives

08/06/2014 03:22 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

Les chefs des diplomaties chinoise et indienne se sont rencontrés dimanche à New Delhi pour de premiers entretiens depuis l'entrée en fonction du nouveau Premier ministre hindou, le nationaliste Narendra Modi, alors que les relations entre les deux pays rivaux restent marquées par la méfiance.

Les discussions entre le Chinois Wang Yi et l'Indien Sushma Swara, notamment sur des sujets économiques, ont été "productives et substantielles", a indiqué le porte parole du ministère indien des Affaires étrangères Syed Akbaruddin.

"Toutes les questions importantes ont été abordées et discutées de manière franche et cordiale", a dit M. Akbaruddin à la presse. "A notre avis c'est un début productif entre le nouveau gouvernement de l'Inde et le gouvernement chinois", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Les entretiens ont porté sur des sujets commerciaux mais également sur une querelle frontalière qui depuis plusieurs années envenime les relations entre les deux pays voisins détenteurs l'un et l'autre de l'arme atomique.

Le ministre Wang Yi doit rencontrer lundi Narenda Modi qui, malgré sa réputation nationaliste, s'est prononcé, depuis qu'il est arrivé au pouvoir, pour un rapprochement avec la Chine et le Pakistan.

Le nouveau Premier ministre indien a ainsi invité le président chinois Xi Jinping et les entretiens entre les deux ministres des Affaires étrangères doivent préparer cette visite.

Pour Ranjit Gupta, spécialiste de relations internationales dans un centre de recherche de Washington, "grâce à de meilleures relations (avec ses voisins chinois et pakistanais), l'Inde devrait retrouver le chemin de la croissance et son rang en Asie".

La dernière visite d'un chef d'Etat chinois remonte à celle de Hu Jintao en 2012.

En dépit de l'importance des échanges économiques entre les deux pays, leurs relations diplomatiques sont toujours marquées par la suspicion, héritée de la brève guerre frontalière de 1962.

- les tensions subsistent -

La Chine est le premier partenaire commercial de l'Inde avec des échanges bilatéraux de 70 milliards de dollars US. Mais le déficit commercial de l'Inde avec la Chine atteint 40 milliards de dollars alors qu'il n'était que de 1 milliard en 2001-2002.

Modi doit s'assurer un meilleur accès au marché chinois. Les deux pays escomptent des échanges commerciaux de 100 milliards de dollars en 2015.

L'Inde et la Chine ont tenté à plusieurs reprises de régler leur conflit frontalier mais les tensions subsistent.

En octobre 1962, l'armée indienne mal équipée fut humiliée en quatre petites semaines de combat le long de la frontière himalayenne, obligée de battre en retraite devant l'invasion des troupes chinoises avançant jusqu'aux plaines de l'Assam.

La Chine s'est ensuite retirée jusqu'à la frontière actuelle mais elle continue de revendiquer une grande partie de l'Etat indien de l'Arunachal Pradesh et ce différend empoisonne depuis des années les relations diplomatiques entre les deux géants asiatiques.

Pendant la campagne des législatives, Narendra Modi avait dénoncé "l'esprit expansionniste" de la Chine. Pékin avait répliqué en affirmant n'avoir "jamais provoqué de guerre d'agression pour occuper le moindre pouce de terre d'autres pays".

Le Tibet sera également au menu des entretiens indo-chinois.

Le Premier ministre tibétain en exil, Lobsang Sangay, qui réside dans le nord de l'Inde, a lancé cette semaine une nouvelle campagne pour l'autonomie de la région.

Il a dit vouloir obtenir un soutien accru de la part de l'Inde, et espérer que Narendra Modi évoque la question lors de la visite du ministre chinois.

Des dizaines de Tibétains en exil ont manifesté dimanche en plusieurs endroits de New Delhi, brûlant des drapeaux chinois et scandant des slogans anti-chinois.

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