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Nouveau statu quo en vue pour l'Opep, en plein flou sur l'Iran et la Libye

08/06/2014 03:47 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui se réunit mercredi à Vienne pour sa 165e réunion ministérielle, devrait laisser son plafond de production inchangé alors que l'incertitude règne sur l'évolution du dossier nucléaire iranien et la situation en Libye.

"Cela devrait être une réunion très rapide", estime Bill Farren-Price, président de Petroleum Policy Intelligence. "Les prix (du pétrole) sont très stables et dans une zone confortable (pour les membres de l'Opep). Pour cette raison, il n'y aura aucun besoin de changer" le plafond de production, qui est fixé à 30 millions de barils par jour (bpj) depuis fin 2011.

Depuis la dernière réunion du cartel en décembre 2013, les cours du brut évoluent en effet dans une fourchette assez étroite -- autour des 100 dollars le baril pour le WTI et des 110 dollars le baril pour le Brent.

"L'Arabie Saoudite a très clairement suggéré que 100 dollars le baril est un prix juste et que l'Opep va garder sa cible de production inchangée en juin 2014", rappelle Abhishek Deshpande, analyste de Natixis, qui table également sur le statu quo.

"Cela devrait être une réunion sans grand intérêt", renchérit Thomas Pugh, économiste du cabinet Capital Economics. "La situation en Libye laisse de la place pour l'augmentation des exportations en provenance d'Iran et d'Irak donc il n'y a pas vraiment de tensions."

La forte baisse de la production libyenne -- actuellement autour de 250.000 barils par jour contre une capacité de 1,5 million de barils par jour (mbj) -- évite, pour l'instant, aux autres membres du cartel d'avoir à faire de la place à l'Irak et à l'Iran, qui ont tous deux affirmé leurs ambitions de revenir en force sur les marchés mondiaux du pétrole.

L'Irak, qui a exporté en moyenne 2,58 mbj en mai, compte ainsi atteindre un niveau d'exportation de 3 mbj d'ici la fin de l'année. En février, le pays avait exporté 2,8 mbj, au plus haut depuis plus de deux décennies.

De son côté, l'Iran a légèrement augmenté ses exportations depuis la conclusion en janvier d'un accord intérimaire avec le groupe des 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) sur le dossier du nucléaire.

A 1,2 mbj, elles restent toutefois plus de deux fois inférieures à ce qu'elles étaient avant la mise en place des sanctions, l'accord intérimaire n'ayant pas levé celles pesant directement sur le secteur énergétique.

- Suspendue aux négociations iraniennes -

"L'Iran est probablement le plus grand changement potentiel (pour l'Opep). En cas d'avancées dans les négociations sur le nucléaire, on pourrait observer un allègement des sanctions dans la deuxième partie de l'année", signale Bill Farren-Price.

"Mais c'est un gros point d'interrogation et cela dépend complètement des négociations", tempère-t-il. Un nouveau round de discussions doit justement commencer après la réunion de l'Opep, à partir du 16 juin à Vienne.

Du coup, la réunion du cartel "en décembre (2014) pourrait être assez intéressante, surtout si les négociations avec l'Iran progressent bien", juge M. Pugh.

"Nous pourrions voir les membres de l'Opep réviser les quotas à la réunion de décembre, notamment s'il y a des signes de retour du pétrole iranien sur les marchés mondiaux", ajoute M. Deshpande.

Quant à un retour de la Libye, les analystes l'estiment de moins en moins probable dans l'immédiat.

Ces derniers mois, les autorités ont plusieurs fois déclaré être parvenues à des accords avec les divers protestataires qui bloquent les infrastructures de production et d'exportation du brut, sans que la situation ne s'améliore réellement.

"Je suis de plus en plus pessimiste sur la Libye. Je pense qu'ils reviendront un jour mais probablement pas cette année, peut-être en 2015-2016", conclut M. Pugh.

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