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Les Premières Nations tentent de régler leur problème de chiens errants

08/06/2014 03:19 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Ce n'est pas tous les jours qu'une patinoire est transformée en salle d'opération.

C'est pourtant ce qui s'est passé le mois dernier à Opitciwan, une réserve autochtone située à 12 heures de voiture au nord de Montréal, où des vétérinaires ont installé une clinique afin de stériliser environ 250 chiens dans le cadre d'une mesure visant à contrôler la population de chiens errants dans la communauté.

Une dizaine d'événements similaires se déroulent chaque année dans le nord du Canada, où les chiens sauvages sont depuis longtemps un fléau pour les habitants des régions reculées, causant d'importantes inquiétudes sur le plan de la santé et de la sécurité.

Plus tôt cette année, deux fillettes âgées de 10 ans et de 7 ans ont été tuées par des chiens lors de deux incidents séparés survenus au Manitoba en l'espace d'un seul mois.

De nouvelles mesures, dont le resserrement des règlements municipaux, l'organisation de formations et le lancement de campagnes de stérilisation, ont été mises en place afin de remédier au problème. Mais le financement et les ressources se font rares.

Ewa Demianowicz, responsable de campagne pour Humane Society International (HSI) et membre de l'équipe qui s'est rendue à Opitciwan à la demande des autorités de la réserve, affirme que l'objectif global est de contrôler les populations de chiens errants afin de s'assurer qu'il y ait moins d'animaux abandonnés ou non désirés.

Selon elle, le problème est double: non seulement il y a trop de chiens sauvages, mais plusieurs d'entre eux sont aussi blessés ou malades alors qu'il n'existe aucune clinique vétérinaire dans les environs.

Si les chiens ont joué un rôle important pour les Premières Nations par le passé, ces dernières ont du mal aujourd'hui à freiner leur prolifération en raison de leur budget limité.

La pratique qui consiste à abattre les bêtes, souvent utilisée autrefois pour réduire rapidement les populations de chiens errants, est maintenant considérée comme taboue.

Une pétition contre cette méthode lancée au Manitoba l'an dernier, qui réclamait davantage de financement de la part du gouvernement fédéral pour les programmes de stérilisation, a récolté des appuis partout à travers le pays.

Certaines communautés ont cependant adopté une approche différente. Par exemple, la Première Nation Rama Mnjikaning, située à 150 kilomètres au nord de Toronto, a obtenu des résultats positifs en adoptant des règles plus strictes.

Mais cette option n'est pas toujours suffisante pour les réserves situées dans des régions éloignées, où les chiens sont souvent plus nombreux que les habitants et l'accès aux soins vétérinaires est très limité.

La Dre Jasmine Dhillon, une vétérinaire et candidate au doctorat à l'Université de Saskatchewan, participe à un nouveau projet visant à trouver des solutions personnalisées pour chaque communauté.

«Notre but est de développer des modèles afin de pouvoir aider les gens à concevoir leur propre règlement, programme de formation ou campagne de stérilisation», explique-t-elle.

D'après la Dre Dhillon, des études ont montré que les ménages dans certaines de ces communautés possédaient en moyenne plus de deux chiens.

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