NOUVELLES

Le pétrole de l'ouest dans un pipeline près de chez vous

08/06/2014 08:23 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT
Veronique de Viguerie via Getty Images
FORT MCMURRAY, ALBERTA, CANADA - NOVEMBER 2008: Aerial views of the mines of Syncrude Canada Ltd and Suncor Energy Inc, inlcuding one of Suncor's tailing ponds, with oil remains floating on it, as well as mine and refinery. Tar sands, or oil sands, are very dense and contain a form of petroleum The world's largest reserves of tar sands in Canada and Venezuela. Tar sands could equate to approximately two thirds of the total global petroleum resource. Until recently it was financially not viable to extract the oil from the sands, but new technology and rising oil prices have now made it viable. (Photo by Veronqiue de Viguerie/Getty Images)

Le projet d'oléoduc pour transporter le pétrole de Fort McMurray jusqu'au Québec et au Nouveau-Brunswick crée bien des inquiétudes.

Un reportage de Danny Braün Twitter Courriel à Désautels le dimanche

L'Alberta est assise sur une richesse qui lui donne bien des maux de tête. Et une bonne partie du remède se trouve au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Après avoir exploité à fort coût - tant économique que sur le plan de l'environnement - ses sables bitumineux, l'Alberta tente de faire sortir son pétrole de la province.

S'il se concrétise, le projet de l'oléoduc de l'est, construit par TransCanada, transportera 1,1 million de barils de pétrole brut par jour vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Ce pétrole brut n'est pas si brut qu'on le dit, puisque pour transporter le bitume extrait des sables bitumineux, il faut y ajouter des solvants chimiques et toxiques. Ce procédé le rendra plus liquide et permettra de le pomper jusqu'à Cacouna, au Québec, et Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Ce liquide parcourra plus de 4500 kilomètres à travers les provinces de l'ouest, l'Ontario, le Québec et le Nouveau-Brunswick.

L'oléoduc sous son érablière

Fleuve, rivières, terres agricoles, zones résidentielles, communautés autochtones; tout ce qui se trouve sur le parcours de l'oléoduc de l'est - à un moment ou à une autre - sera perturbé par les travaux. Et si un déversement survient, c'est tout l'environnement qui pourrait être lourdement hypothéqué.

C'est le cas de la ferme laitière de Jacques Savoie, située à Saint-Raphaël-de-Bellechasse. Depuis six générations, sa famille vit des vaches et d'une petite érablière, une sucrerie comme dit M. Savoie, sous laquelle passera le pipeline de TransCanada.

Pour accéder à ses champs, TransCanada lui a envoyé un chèque de 1000 $ qu'il refuse toujours d'encaisser.

Avec les pétroliers, des risques de déversements

À une centaine de kilomètres au nord, le maire de Saint-André-de-Kamouraska, Gervais Daris, se tient fièrement à côté du vieux phare de bois. Tel un irréductible, il s'oppose fermement au projet, qui à son avis ne peut qu'être porteur de mauvaises nouvelles pour la région. Écoutez ses commentaires ci-dessous.

Pour écouter les propos du maire sur votre appareil mobile, cliquez ici

« Nous sommes une compagnie sérieuse »

Le projet d'oléoduc de l'est prévoit aussi transporter du pétrole de schiste en provenance de la Saskatchewan et du Manitoba.

Quelle sera la proportion de pétrole brut en provenance des sables bitumineux de l'Alberta par rapport au pétrole de schiste? Confidentiel, nous dit-on. TransCanada n'a pas la réponse à cette question.

Aux abords d'une petite rivière, une équipe de forage s'affaire à creuser le sol afin de prélever des échantillons. « Ici, il n'y a que du roc », me dit un ingénieur qui désire garder l'anonymat.

TransCanada devra percer le roc à une dizaine de mètres sous la rivière pour faire passer le tuyau d'un peu plus d'un mètre de circonférence. Ou encore, le déposer dans le lit de la rivière. Il est encore trop tôt pour avoir la réponse à la question.

« On a fait des soirées portes ouvertes pour la population. On est très réglementé. L'an dernier, nous avons investi un milliard dans nos infrastructures pour la sécurité. Nous sommes une compagnie sérieuse », dit Philippe Cannon, porte-parole de TransCanada.

INOLTRE SU HUFFPOST

Fracturation hydraulique: les pour et les contre