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Kosovo: le premier ministre sortant est en avance aux élections parlementaires

08/06/2014 10:11 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT

PRISTINA, Kosovo - L'ancien leader rebelle kosovar Hashim Thaci a revendiqué un troisième mandat de premier ministre du pays, dimanche, après que les résultats préliminaires lui eurent conféré l'avance lors d'élections anticipées.

Plusieurs membres de la minorité serbe auraient d'ailleurs participé à ces élections visant à combler les 120 sièges du Parlement, malgré leur rejet des prétentions nationalistes du Kosovo.

Les résultats préliminaires officiels font état d'une avance de trois points de pourcentage du Parti démocratique du Kosovo, le parti de M. Thaci, sur la Ligue démocratique du Kosovo, qui forme l'opposition, avec près de 70 pour cent des urnes dépouillées. Le Mouvement d'autodétermination albanais, une formation de droite, est en troisième place, son meilleur résultat à des élections nationales.

Ce vote est considéré comme important pour les efforts de l'Union européenne afin de stabiliser la poudrière des Balkans, 15 ans après la guerre d'indépendance avec la Serbie.

Le scrutin a été organisé après que le Parlement kosovar n'eut pas réussi à s'entendre sur plusieurs questions importantes, dont la création de forces armées nationales.

Seulement 43 pour cent des 1,7 million d'électeurs se sont prévalus de leur droit de vote, ont indiqué les autorités étatiques après la fermeture des bureaux de vote.

«Demain matin, nous continuerons notre travail, a lancé M. Thaci à des partisans réunis à Pristina, la capitale. Demain, nous respecterons la volonté du peuple exprimée aujourd'hui.»

Les bons résultats du parti de M. Thaci surviennent malgré des allégations de corruption gouvernementale, des ententes de privatisation bâclées et des dossiers de haute importance concernant ses principaux conseillers, soupçonnés par des procureurs de l'Union européenne d'avoir commis des crimes de guerre.

L'économie et le haut taux de chômage sont les principales préoccupations des électeurs.

Le gouvernement serbe a rejeté la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008, mais a signé une entente avec lui l'an dernier afin de faire avancer sa demande d'adhésion à l'Union européenne.

Une centaine de procureurs et de juges ont été mobilisés pour imposer de strictes pénalités dans les cas de fraude électorale.

La guerre d'indépendance du Kosovo, qui s'est déroulée en 1998 et 1999, a coûté la vie à quelque 10 000 personnes. Les forces de l'OTAN ont bombardé la Serbie afin de mettre fin au carnage.

Une centaine de pays ont reconnu l'indépendance du Kosovo, dont les États-Unis et la plupart des pays européens, mais pas la Chine ni la Russie.

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