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Israël: le gouvernement soutient un amendement pour empêcher la grâce de prisonniers palestiniens

08/06/2014 09:51 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche un amendement à la loi fondamentale qui pourrait empêcher l'amnistie de Palestiniens emprisonnés pour avoir assassiné des Israéliens.

Ce texte, qui doit encore être approuvé par le Parlement, donnerait aux tribunaux le pouvoir d'empêcher le président israélien de gracier ou d'accorder des remises de peines aux prisonniers détenus pour meurtre.

Selon Ayelet Shaked, du parti nationaliste religieux Foyer juif, à l'origine de l'amendement, son but est d'empêcher la libération de Palestiniens ayant tué des Israéliens, ou de tout autre détenu emprisonné pour meurtre.

"La libération massive de terroristes dans le cadre d'accords diplomatiques est une moquerie à l'égard des Israéliens, tout comme le sont les remises de peines en faveur des meurtriers", a argué Mme Shaked dimanche dans un communiqué.

En revanche, la dirigeante du parti d'opposition Meretz (gauche), Zehava Gal-On, a estimé qu'avec cet amendement, Israël aurait les mains liées pour de futures négociations de paix. Elle a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "capituler face à l'extrême droite".

Le dernier cycle de négociations de paix, initié par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, a capoté fin avril après le refus d'Israël de libérer comme prévu un quatrième et dernier contingent de 26 prisonniers palestiniens.

Israël avait libéré jusqu'alors 78 prisonniers, au grand dam de l'extrême droite israélienne.

En 2011, un soldat franco-israélien, Gilad Shalit, avait été libéré après plus de cinq ans de captivité à Gaza en échange de 1.027 prisonniers palestiniens, dont des auteurs d'attentats anti-israéliens.

Le gouvernement cherche parallèlement à faire passer une législation qui autoriserait à alimenter de force des prisonniers palestiniens en grève de la faim.

Le projet de loi doit encore faire l'objet de deux lectures devant le Parlement avant d'être approuvé, alors que 285 détenus palestiniens observent une grève de la faim pour protester contre leur emprisonnement en détention administrative.

La détention préventive permet de détenir des suspects sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

Sur 285 grévistes, 125 refusent de s'alimenter depuis plus de six semaines, parmi lesquels 65 sont hospitalisés, a indiqué dimanche le service pénitentiaire israélien.

En solidarité, les commerces et restaurants ont observé une grève dimanche à Ramallah, El Bireh, et Tulkarem, en Cisjordanie, selon des journalistes de l'AFP.

Près de 5.000 Palestiniens sont incarcérés dans les prisons israéliennes, la plupart pour des motifs de sécurité, dont quelque 200 en détention administrative.

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