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Centrafrique: le Tchad nie avoir soutenu les Séléka, comme l'affirme l'ONU

08/06/2014 03:11 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement tchadien a nié les accusations d'un récent rapport de l'ONU affirmant que le Tchad a soutenu l'ex-rébellion Séléka pour prendre le pouvoir en Centrafrique, les qualifiant d'"élucubrations", dans un communiqué parvenu à l'AFP dimanche.

Une commission d'enquête internationale mise en place par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en janvier a remis jeudi un premier rapport aux membres du Conseil de sécurité, dont l'AFP a obtenu copie.

Les enquêteurs affirment notamment "qu'il existe assez de preuves pour penser que (l'ex-président) Djotodia et la Séléka ont reçu un soutien financier et militaire du gouvernement du Tchad" pour renverser le président François Bozizé en mars 2013.

"Des officiers tchadiens ont été vus à Bangui après la prise de pouvoir par la Séléka, opérant dans le cadre du mouvement Séléka", ajoute le rapport, qui précise qu'après la chute des rebelles sous la pression internationale en janvier 2014, "ces officiers ont réintégré l'armée tchadienne" et sont devenus membres de la force africaine Misca à Bangui.

"Le gouvernement de la République du Tchad tient à rappeler une dernière fois qu'il n'a pas soutenu, ne soutient pas et ne soutiendra jamais un mouvement armé ayant l'intention de déstabiliser la RCA ou tout autre pays africain", indique le communiqué de N'Djamena.

"Tout en condamnant de la manière la plus forte ces élucubrations, le gouvernement de la République du Tchad appelle l'ONU à faire preuve de discernement et à arrêter une fois pour toute sa campagne gratuite contre le Tchad, aux desseins jusque-là inavoués", ajoute le communiqué.

Le gouvernement reproche aussi aux enquêteurs de l'ONU de ne pas avoir pris en compte "les lourds sacrifices consentis" par le Tchad "sur les plans humain, matériel et financier en vue de venir en aide à ce pays frère et ami depuis des décennies".

La Centrafrique vit depuis plus d'un an une crise sans précédent. Les exactions de deux groupes armés ennemis, ex-rebelles Séléka majoritairement musulmans et milices chrétiennes anti-balaka, contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

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