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Assermentation du nouveau président en Égypte: Al-Sissi s'installe pour 4 ans

08/06/2014 06:24 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT
Getty
Egyptian Defense Minister and Military Chief General Abdel Fattah al-Sisi attends the funeral of Giza security chief Nabil Farrag in the district of Giza, on the outskirts of Cairo, on September 20, 2013. Farrag was killed when Egyptian security forces stormed Kerdassah in the latest crackdown on Islamist militants, security officials said. AFP PHOTO/MOHAMED EL-SHAHED (Photo credit should read MOHAMED EL-SHAHED/AFP/Getty Images)

LE CAIRE, Égypte - L'ancien chef d'état-major de l'armée égyptienne Abdel-Fattah Al-Sissi a été investi, dimanche, dans ses nouvelles fonctions de président pour un mandat de quatre ans, prenant la tête d'un pays profondément divisé aux prises avec des troubles et une importante crise économique depuis le soulèvement contre l'ancien leader autocratique Hosni Moubarak il y a trois ans.

L'assermentation de M. Al-Sissi s'est déroulée près d'un an après le renversement du premier président démocratiquement élu de l'Égypte, l'islamiste Mohammed Morsi, à la suite de plusieurs jours de manifestations en faveur de sa démission. Si plusieurs ont salué ce geste dans un élan de ferveur patriotique, la montée au pouvoir d'Abdel-Fattah Al-Sissi a coïncidé avec l'arrestation et le massacre de milliers de centaines de partisans de M. Morsi.

Le maréchal à la retraite doit maintenant relever l'énorme défi de relancer l'économie égyptienne, de lutter contre les islamistes et de consolider son pouvoir après des années de chaos dans le pays le plus peuplé du monde arabe.

Prenant la parole devant des dignitaires locaux et étrangers après la cérémonie d'investiture, M. Al-Sissi a déclaré que la présidence égyptienne était un grand honneur et aussi une importante responsabilité.

Il a promis que, sous son règne, l'Égypte ferait tout pour assurer la sécurité et la stabilité de la région. Il a aussi exhorté les Égyptiens à bâtir un futur meilleur pour leur pays, leur demandant de travailler fort afin d'élargir davantage leurs droits et libertés.

Âgé de 59 ans, l'ex-militaire a prêté serment samedi dans la salle d'audience de la Cour suprême constitutionnelle en banlieue sud du Caire, le même endroit où Mohammed Morsi, qui est maintenant traduit en justice pour des crimes passibles de la peine de mort, avait été assermenté deux ans plus tôt.

L'édifice, conçu pour ressembler à un ancien temple égyptien, est situé tout près de l'hôpital militaire où Moubarak, qui a été renversé lors du soulèvement de 2011, est détenu. Chassé après 29 ans au pouvoir, il a été reconnu coupable le mois dernier de corruption et condamné à trois ans de prison. Il subit également un nouveau procès pour les meurtres de manifestants lors de l'insurrection de 18 jours contre son régime.

Dimanche a été déclaré jour de congé national en raison de l'investiture du nouveau président. Des policiers et des soldats ont été déployés à travers Le Caire. Tous les ministres de même que la femme et les enfants de M. Al-Sissi ont assisté à l'événement.

Le président intérimaire Andly Mansour, nommé par Abdel-Fattah Al-Sissi après le renversement de M. Morsi, retrouvera son poste de juge en chef de la Cour suprême constitutionnelle.

M. Al-Sissi est le huitième président de l'Égypte depuis la fin de la monarchie en 1953 à la suite d'un coup d'État militaire. À l'exception de Mohammed Morsi et de deux autres présidents par intérim, tous les présidents égyptiens étaient issus de l'armée.

L'ancien maréchal a remporté une victoire écrasante à l'élection présidentielle de mai, récoltant près de 97 pour cent des voix. Le taux de participation au scrutin a été de 47,45 pour cent.

L'élection, qui s'est déroulée sur trois jours, n'a pas donné lieu à de la fraude, mais a été influencée par les moyens extraordinaires pris par les autorités pour forcer les électeurs à exercer leur devoir de citoyen, dont l'imposition d'amendes à ceux qui refusaient de déposer leur bulletin, l'ajout d'une journée additionnelle pour le vote et la gratuité des transports en commun afin de permettre aux gens de retourner dans leur circonscription pour voter.

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