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Trois individus évadés du Centre de détention d'Orsainville courent toujours

07/06/2014 09:01 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une vaste opération de recherches est en cours depuis samedi soir afin de retracer trois prisonniers du Centre de détention d’Orsainville, à Québec, qui ont réussi une évasion spectaculaire en hélicoptère.

En milieu d'après-midi, dimanche, la Sûreté du Québec a annoncé que le nom des trois évadés, Yves Denis, Denis Lefebvre et Serge Pomerleau, âgés respectivement de 35, 53 et 49 ans, avait été ajouté à la liste des 10 criminels les plus recherchés du Québec.

La SQ, la police de Québec et du personnel de la base militaire de Valcartier ont été mis à contribution dès samedi soir pour retracer les trois détenus. «Nous avons obtenu la coopération de toutes les forces policières du pays et même à l'étranger», a indiqué le sergent Grégory Gomez, de la Sûreté du Québec.

«Nous avons plusieurs, plusieurs officiers dépêchés dans tous les secteurs possibles. Les enquêteurs étudient chaque piste», a-t-il ajouté.

Les autorités préviennent par ailleurs la population de ne pas tenter d’intercepter les suspects s’ils les voient, et de plutôt composer le 911.

Elles sont peu disposées à donner plus d'informations sur l'enquête en cours car elles craignent que les évadés écoutent les médias.

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a tenté de rassurer la population en affirmant, par voie de communiqué, que «tous les efforts sont mis de l'avant depuis hier (samedi)soir afin de retrouver les trois individus». Elle a indiqué qu'elle ne ferait pas d'autres commentaires pour le moment.

Toutefois, Hélène Raza, directrice générale adjointe aux programmes à la sécurité et à l'administration du Ministère, a confié que le gouvernement travaille depuis plusieurs mois pour trouver des solutions à ce type d'évasion.

«Des démarches ont été faites pour prévoir des aménagements dans les cours extérieures et des démarches sont toujours en cours avec Transport Canada pour désigner les espaces aériens au-dessus des établissements de détention comme des zones règlementées qu'il n'est pas possible de survoler», a-t-elle expliqué, en entrevue avec La Presse Canadienne, dimanche soir.

L'évasion en hélicoptère de la fin de semaine est la deuxième du genre à survenir au Québec en près de 15 mois. Le 17 mars 2013, deux détenus du Centre de détention de Saint-Jérôme se sont enfuis de la même façon

Quinze mois n'ont-ils pas été suffisants pour empêcher qu'une évasion par hélicoptère se produise à nouveau sur le territoire québécois?

«Les démarches ne sont pas encore conclues. Ce sont des mesures en voie d'actualisation», s'est contenté de répondre Mme Raza. Elle a insisté du même souffle sur le fait que les évasions faites par voie aérienne sont des événements «exceptionnels».

Le ministère de la Sécurité publique a déjà écarté l'installation de filets au-dessus des cours extérieures des prisons.

«Les filets anti-évasion ne sont pas la réponse à toute épreuve. Ce n'est pas toujours possible de les installer, surtout dans les conditions climatiques que nous avons au Québec», a soutenu Mme Raza. Elle a refusé d'évoquer les alternatives étudiées pour mettre un terme aux évasions aériennes.

Le garde de sécurité dans la tour du Centre de détention d’Orsainville n'était pas armé, mais cela n'aurait pas nécessairement empêché une évasion, selon Mme Raza.

«L'idée d'armer des personnes a ses limites. Si on se rappelle le cas de Saint-Jérôme, le pilote de l'hélicoptère avait été pris en otage. L'utilisation d'une arme à feu n'aurait pas été adéquate», a indiqué Mme Raza.

L'évasion de Saint-Jérôme était survenue en plein après-midi avec l'aide de deux complices qui avaient mis en joue le pilote d'un hélicoptère. Les deux détenus, Benjamin Hudon-Barbeau et Danny Provençal, avaient été arrêtés quelques heures plus tard à Chertsey.

Le président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, estime que d'importantes leçons auraient dû être tirées de ce premier épisode.

Or, selon lui, «il y a eu un seul ajustement c'est-à-dire qu'à l'établissement où ça s'était déroulé, il y a 15 mois, on a fait un ajout d'un deuxième patrouilleur armé à l'extérieur».

Il lance, du même souffle, qu'il n'a pas assisté à l'instauration de mesures supplémentaires depuis ce temps.

«On nous parlait, à l'époque, de l'installation de câbles d'acier ou de filets [mais] ça n'a pas été fait à Saint-Jérôme ni ailleurs non plus», dénonce-t-il.

La triple évasion de la fin de semaine est survenue vers 19 h 45 samedi soir, alors que l’hélicoptère, de couleur verte, s'est posé dans une des cours de l'établissement carcéral, et a rapidement décollé en direction ouest.

Les trois hommes, liés aux Hells Angels, sont considérés comme dangereux et étaient en attente de procès. Ils sont tous trois accusés de meurtre. Les trois individus ont été arrêtés en 2010 en lien avec l'Opération Écrevisse, qui avait permis de démanteler un réseau de stupéfiants en Abitibi-Témiscamingue.

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