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Tiananmen: des avocats chinois réclament de voir leurs clients emprisonnés

07/06/2014 04:58 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - Une vingtaine d'avocats se sont réunis samedi dans une ville du centre de la Chine pour réclamer l'accès à plusieurs militants détenus en prévision du 25e anniversaire politique chargé du massacre de la Place Tiananmen.

L'important avocat des droits de l'homme Li Fangping a indiqué que les avocats avaient organisé une manifestation nocturne à partir de vendredi, à l'extérieur des bureaux de la police de la ville de Zhengzhou, après que les autorités eurent refusé leurs requêtes pour voir leurs clients, et ce pendant des semaines.

Parmi les militants détenus dans la ville, on compte l'avocat bien connu Chang Boyang, qui a fait campagne pour les droits des travailleurs migrants, les patients atteints du VIH et les enfants empoisonnés lors d'un scandale concernant du lait contaminé en 2008.

M. Chang a été détenu le 27 mai dans le cadre d'une série de poursuites contre des artistes, des avocats, des intellectuels et des journalistes en prévision de l'anniversaire du 4 juin, le tout dans la foulée d'une offensive gouvernementale pour empêcher la tenue d'événements commémoratifs en public.

Selon M. Li, d'importants représentants de la police de Zhengzhou ont rencontré les avocats samedi après-midi et indiqué que ceux-ci devaient demander une permission aux enquêteurs pour voir leurs clients.

En vertu du droit chinois, une telle obligation n'est nécessaire que dans des cas de corruption grave, de terrorisme ou de subversion, poursuit M. Li, et les militants de Zhengzhou ont été accusés de troubler l'ordre public, ce qui n'entre pas dans cette catégorie. Les responsables ont confié aux avocats que les cas étaient liés à des inquiétudes en matière de sécurité nationale.

«Cela établit un précédent très grave en vertu duquel si vous êtes détenu pour un crime mineur, vous ne pourrez pas voir votre avocat parce que cela met la sécurité nationale en danger. C'est une perversion du droit chinois», croit M. Li.

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