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"Pieds en Ukraine, tête en Europe": premier message du président Porochenko

07/06/2014 06:27 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

Coeur folklorique entonnant l'hymne national, père, épouse et fils cadet dans la loge des invités de marque et citation d'intellectuels du 19e siècle sur le destin européen de l'Ukraine: Petro Porochenko a mélangé tradition et modernité dans sa cérémonie d'investiture.

10H00. Le président du Parlement et président par intérim Olexandre Tourtchinov ouvre une séance solennelle au Parlement où une vingtaine de dirigeants étrangers, dignitaires religieux et représentants de la classe politique ukrainienne attendent le héros du jour.

Petite pause gênée lorsque M. Tourtchinov énumère parmi les invités les ancien présidents ukrainiens: il ne mentionne pas le prédécesseur de M. Porochenko, Viktor Ianoukovitch destitué en février après un bain de sang à Kiev et qui s'est réfugié en Russie.

Le cadet des quatre enfants de Porochenko, Mikhaïlo est assis aux côtés des anciens chef d'Etat ukrainiens, avec sa mère Marina Porochenko en tailleur bleu et le père du nouveau président, héros de l'Ukraine qui arbore ses médailles.

Une première pour l'Ukraine où l'épouse a accompagné M. Porochenko à l'américaine pendant ses meetings électoraux pendant lesquels il n'a pas arrêté de faire l'éloge de sa famille.

En tailleur blanc et coiffée de son emblématique tresse blonde, sa principale rivale à la présidentielle, l'ex-Premier ministre Ioulia Timochenko qu'il avait devancée de 40 points discute nerveusement avec le patriarche orthodoxe de Kiev Filaret.

10H10. Le président élu arrive en voiture devant le Parlement et marche sur le tapis rouge. Sous un soleil de plomb un soldat de la garde d'honneur laisse tomber son arme.

Bon signe, commente une présentatrice de la chaîne Kanal 5 contrôlée par M. Porochenko, alors que le pays est en proie à une insurrection armées prorusse dans l'Est.

Quand Petro Porochenko entre dans l'hémicycle, c'est un choeur d'hommes en chemises brodées traditionnelles et de femmes en couronnes de fleurs entonne l'hymne national. M. Porochenko chante aussi, la main sur le coeur.

Il prête serment en posant la main sur la Constitution et l'Evangile avant de se voir remettre l'étendard présidentiel et la boulava, un sceptre qui symbolise le pouvoir présidentiel en Ukraine.

- marche irréversible vers l'Europe -

Dans son premier discours présidentiel à la Nation, M. Porochenko s'adresse à ses "chers compatriotes de Lviv (bastion nationaliste dans l'ouest) à Donetsk (chef-lieu de l'insurrection prorusse), de Tcherniguiv (nord) à Sébastopol" ville en Crimée annexée en mars à la Russie.

Il cite ensuite l'écrivain du 19e siècle Ivan Franko ayant qualifié les Ukrainiens de "feu vif dans la famille des peuples européens" et l'historien Mikhaïlo Dragomanov pour lequel "il faut avoir les pieds et le coeur en Ukraine et la tête en Europe".

"La dictature qui a régné ces dernières années en Ukraine voulait nous priver de cette perspective et le peuple s'est soulevé", a-t-il souligné en faisant référence à trois mois de contestation pro-européenne sur le Maïdan à Kiev née du refus du précédent gouvernement prorusse de signer un accord d'association avec l'UE et qui s'est soldée en février dans un bain de sang.

Il a fait observer une minute de silence pour une centaine de militants tués.

"Personne ne pourra plus jamais nous transformer en esclaves ou en serviteurs d'un régime colonial", a martelé M. Porochenko.

"Les Ukrainiens ont été longuement arrachés à l'Europe. Aujourd'hui nous revenons dans notre maison, c'est un processus irréversible. Que Dieu nous bénisse. Gloire à l'Ukraine", a-t-il conclu son discours avec le très célèbre slogan du Maïdan.

neo/gmo/ros

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