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Les grévistes du métro de Sao Paulo menacent de perturber le Mondial

07/06/2014 12:17 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

Les employés du métro de Sao Paulo ont menacé samedi, à leur troisième jour de grève, de poursuivre leur mouvement pendant le Mondial qui débutera jeudi dans la plus grande ville du Brésil s'ils n'obtiennent pas gain de cause.

Trois des cinq lignes du métro de cette mégapole de 20 millions d'habitants n'opéraient toujours que partiellement samedi à la mi-journée, tandis que la circulation en ville était plus fluide en ce début de week-end.

"Tant qu'il aura de la force, la mouvement va continuer, et il est possible qu'il aille jusqu'à la Coupe du monde", a déclaré samedi à l'AFP le porte-parole du syndicat des employés du métro, Rogerio Malaquias.

Une nouvelle assemblée générale des grévistes est prévu samedi à 17H00 locales (20H00 GMT), a-t-il ajouté.

Les grévistes exigent un réajustement salarial d'au moins 12,2% et n'ont pas accepté vendredi la contre-offre de 9,5% faite par le gouvernement de l'Etat de Sao Paulo.

La justice doit se prononcer dimanche sur la légalité de cette grève qui a affecté des millions d'usagers et entraîné des embouteillages monstres à Sao Paulo jeudi et vendredi.

Le syndicat a affirmé à l'AFP que le mouvement était soutenu par 90% à 95% des quelques 9.500 employés y compris les opérateurs de trains, les agents de sécurité et de maintenance.

Il dénonce un plan alternatif mis en place par la direction qui permet à certaines lignes ou rames de fonctionner "de façon précaire".

"Ceux qui opèrent les trains sont des superviseurs, des chefs, des employés administratifs (..), c'est extrêmement dangereux parce qu'ils ne sont pas entraînés. Ils ouvrent les portes au mauvais endroit et ne savent pas bien mettre le train à l'arrêt. Cela peut provoquer un accident, la chute d'une personne", a ajouté le porte-parole syndical.

Le métro est le moyen de transport le plus pratique pour se rendre à l'Arena Corinthians, la stade où se jouera le match d'ouverture du Mondial Brésil-Croatie, le 12 juin.

Cette grève s'inscrit dans une vague de mouvements sociaux sectoriels (chauffeurs de bus, policiers, agents de sécurité, etc) qui agite le Brésil.

A l'approche du Mondial, moment propice pour faire pression sur les autorités, ces secteurs réclament des ajustements qui tiennent compte de la hausse du coût de la vie.

Parallèlement, des manifestations anti-Mondial de faible ampleur ont lieu régulièrement et sont programmées pendant la compétition, à l'appel de syndicats, partis d'extrême-gauche ou mouvements anarchistes.

La présidente de gauche Dilma Rousseff, candidate à un second mandat aux élections du 5 octobre, a dénoncé vendredi soir une instrumentalisation de la grogne des Brésiliens à des fins électorales.

"Il y a aujourd'hui une campagne systématique contre la Coupe du monde. De fait, elle n'est pas dirigée contre la Coupe. Il s'agit beaucoup plus d'une campagne systématique contre nous", a-t-elle déclaré lors d'une réunion à Porto Alegre, avec des militants de son camp du Parti des travailleurs (PT).

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