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Les combats à Al-Anbar ont contraint près de 500.000 Irakiens à la fuite

07/06/2014 04:28 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

Près de 480.000 Irakiens ont fui les combats dans la province irakienne d'Al-Anbar, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), ce qui en fait le plus important mouvement de population de ces dernières années dans le pays.

Dans cette province sunnite, frontalière de la Syrie, l'armée et la police mènent depuis plusieurs mois des opérations pour tenter de reprendre des secteurs tombés début janvier aux mains d'insurgés, dont des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et des combattants de tribus hostiles au gouvernement.

"Aujourd'hui, le gouvernement irakien affirme que 443.000 hommes, femmes et enfants ont fui leurs foyers depuis l'intensification des combats en janvier", a déclaré vendredi le porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

"Mais l'ampleur réelle des déplacements induits par ces combats, dont on parle peu, est inconnue", a-t-il ajouté, les autorités irakiennes ayant été obligées de suspendre les recensements pour des raisons de sécurité.

Selon l'ONU, "le nombre aujourd'hui s'approche plus de 480.000", a déclaré M. Edwards à des journalistes à Genève.

Le HCR a lancé en mars un appel aux dons pour aider les victimes, mais n'a pour l'instant réuni que 12% des 26,45 millions de dollars (19 millions d'euros) nécessaires, a-t-il encore dit.

Malgré des mois de combats, de bombardements et d'opérations spéciales, aucune solution au conflit n'est en vue.

Et le nombre de réfugiés a encore augmenté mi-avril, lorsque des insurgés ont pris le contrôle d'un important barrage hydraulique à Fallouja et volontairement ouvert les vannes pour inonder la zone.

Selon M. Edwards, des usines de traitement de l'eau ont été endommagées par cette action, privant de nombreux habitants d'eau potable et augmentant les risques sanitaires pour la population.

"Les responsables locaux affirment que 28 camions citernes remplis d'eau potable alimentent la ville chaque jour, mais cela ne répond qu'à 50% des besoins", a-t-il affirmé.

"Nous devons rapidement accélérer nos efforts, ce qui est difficile pour trois raisons: la détérioration de la situation sécuritaire rend difficile l'accès aux personnes dans le besoin, les déplacés sont éparpillés à travers le pays, et nous manquons de dons", a-t-il encore dit.

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