QUÉBEC - Le grand rendez-vous péquiste de Drummondville s'est ouvert sur de mauvais résultats de sondage samedi matin.

Le Parti québécois se retrouve troisième, derrière la CAQ, selon un sondage Léger publié par le Journal de Québec. Pire, le parti est également à la traîne chez les jeunes et les francophones.

Le PQ recueille 20% des intentions de vote, contre 29% pour la CAQ. Le PLQ, au pouvoir, aurait obtenu 39% des intentions de vote si des élections avaient eu lieu les 4 et 5 juin derniers.

Ce mauvais score fait craindre le pire à l'ancien leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette. Celui-ci dresse un parallèle entre la déconfiture du Bloc aux dernières élections fédérales et le résultat du vote le 7 avril dernier. «Le bloc a été le précurseur malheureux à ce qui s’est passé lors de la dernière élection. Et malheureusement, au Bloc aussi on a refusé de faire l’analyse nécessaire pour corriger la situation», a-t-il dit à son arrivée à Conférence nationale des présidentes et des présidents du PQ.

Le chef par intérim du parti, Stéphane Bédard, préfère se tourner vers l'avenir. «Ce qui est important, ce n'est pas le sondage, c'est le résultat du 7 avril. Le résultat du 7 avril, on en a mesuré l'ampleur. Depuis ce temps-là, on est ailleurs.»

«L'élection est dans quatre ans et demi. L'important, c'est que la population sache qu'on a bien compris le résultat et qu'on va assumer pleinement le rôle de l'opposition officielle et défendre la création d'emplois», ajoute-t-il.

Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, refuse lui aussi de s'alarmer. «Des mauvais sondages, on en a déjà eu par le passé et on s'est toujours relevés. On est toujours revenus en force», dit-il.

Pour relancer le parti, Bernard Drainville estime que le PQ doit «revoir son argumentaire» sur la souveraineté. «Depuis 1995, on parle de mécanique, dit-il. On ne parle pas des raisons de fond pour la faire, l'indépendance. Il faut démontrer comment l'indépendance nous permettrait d'aider le quotidien, de régler des problèmes que l'on vit. Il faut montrer aux Québécois ce que ça changerait pour eux dans leur vie de tous les jours.»

Il cite l'exemple du projet de loi sur les soins en fin de vie, adopté avec l'appui de tous les partis jeudi. Le gouvernement fédéral a déjà annoncé qu'il pourrait contester la loi. «C'est un choix de société qu'on a décidé de faire tout le monde ensemble, dit-il. Et le premier signal qu'on a du fédéral, c'est de dire on ne respecte par votre choix ou, à tout le moins, on pourrait le contester.»

Militants péquistes, élus et membres de l'exécutif sont réunis à Drummondville samedi pour tenir un dernier post-mortem sur l'élection du 7 avril dernier. Pauline Marois prendra la parole en fin de matinée.

Course à la chefferie

Pierre Karl Péladeau a également réagi au sondage, qui le place en tête pour la succession à Pauline Marois. Le magnat de la presse obtient l'appui de 40% des péquistes et de 19% de l'ensemble de la population. PKP devance largement Véronique Hivon, qui arrive deuxième avec 12% d'appuis chez les membres du PQ et 9% dans la population.

«Je suis honoré, mais mon rôle aujourd'hui est d'être député de Saint-Jérôme», a-t-il dit.

«Je suis en période d'apprentissage intense et continue», a-t-il ajouté, à propos de son nouveau rôle de parlementaire.

Le député de Saint-Jérôme a refusé d'annoncer s'il se portera candidat à la chefferie du PQ. «Aujourd'hui, c'est la CNPP. Aujourd'hui aussi, c'est l'occasion de rendre hommage à madame Marois.»

Dans son discours aux militants, Pauline Marois a insisté sur l'importance de la social-démocratie. Pierre Karl Péladeau a souligné l'apport de l'ex-chef péquiste au filet social, notamment grâce à la création des CPE. Le député explique s'être lancé en politique pour contribuer à l'enrichissement du Québec afin notamment de financer ce filet social.

Se définit-il lui-même comme «social-démocrate»? «Ce n'est pas un concept figé. [...] Ce que la social-démocratie voulait dire en 1970, c'est certainement différent aujourd'hui.»

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  • Véronique Hivon

    La députée de Joliette s'est fait remarquer par sa gestion du projet de loi «Mourir dans la dignité». Sujet sensible s'il en est, le projet de loi fait l'unanimité parmi les partis à l'Assemblée nationale. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/25/chefferie-pq-veronique-hivon_n_5213541.html" target="_blank">Un groupe Facebook</a> en appui à sa nomination a déjà recueilli plus de 1000 abonnés. Un article du Journal de Québec souligne également que l'ex-ministre déléguée aux Services sociaux <a href="http://www.journaldequebec.com/2014/04/30/la-pression-monte-sur-veronique-hivon" target="_blank">compte des appuis au sein du Parti québécois</a>.

  • Pierre Karl Péladeau

    L'ex grand patron de Québecor est vu depuis son saut en politique comme un dauphin potentiel de Pauline Marois. <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201404/12/01-4756909-convergence-au-parti-quebecois.php" target="_blank">Certains analystes</a> affirment que la nomination de Stéphane Bédard comme chef péquiste à l'intérim pourrait favoriser «PKP». Le frère de Stéphane Bédard, Éric, est un proche de l'ex-magnat de la presse. Pierre Karl Péladeau est connu pour avoir confronté les syndicats au sein de Québecor, ce qui pourrait refroidir une aile plus progressiste au sein du PQ, de même que ses alliés syndicaux.

  • Bernard Drainville

    Le soir des élections, trois élus sont montés sur scène pour faire patienter la foule jusqu'à l'arrivée de Pauline Marois; soit Jean-François Lisée, Pierre Karl Péladeau et Bernard Drainville. Afin de motiver les troupes, ce dernier avait scandé «On veut un pays», rapidement repris par la foule. Toutefois, le projet de loi sur la Charte de la laïcité qu'il a parrainé pourrait nuire à son élection à la tête du parti. Si les analystes s'entendent pour dire que l'ex-ministre a bien géré ce dossier difficile, il pourrait demeurer associé à cette stratégie identitaire du PQ.

  • Pascal Bérubé

    L'ex-ministre du Tourisme a laissé flotter l'idée de sa candidature le 30 avril dernier. «Je suis d’abord préoccupé par l’avenir de mon parti, a-t-il confié <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/04/30/chefferie-pq-pascal-berube_n_5241101.html" target="_blank">en entrevue avec <em>Le Huffington Post Québec</em></a>. J’ai pas envie d’être un spectateur passif dans l’éventuelle course à la chefferie.» Le député de Matane-Matapédia n'a pas exclu de se présenter lui-même.

  • Jean-François Lisée

    L'auteur, intellectuel et ex-ministre Jean-François Lisée est vu depuis longtemps comme un successeur potentiel de Pauline Marois. <a href="http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/politique/sur-la-course-chefferie-au-pq/" target="_blank">Selon le chroniqueur Mathieu Bock-Côté</a>, l'ex-ministre des Relations internationales pourrait amener le PQ plus à gauche, voire faire alliance avec Québec solidaire.

  • Alexandre Cloutier

    Tout comme Véronique Hivon, l'ex-ministre des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, pourrait permettre au PQ de passer le flambeau à une nouvelle génération. Le député de Lac-Saint-Jean a déjà pris ses distances du projet de Charte des valeurs du PQ, associé à une stratégie identitaire du parti. Alexandre Cloutier a également émis l'idée que le prochain chef soit élu au vote universel, incluant les non-membres du PQ. Le parti pourrait ainsi élargir sa base qui compte déjà plus de 90 000 membres, tout en prenant le pouls de la population. Justin Trudeau avait notamment été élu à la tête du PLC grâce à ce mode de scrutin.

  • Sylvain Gaudreault

    L'ex-ministre des Transports et des Affaires municipales n'a pas fermé la porte à une possible candidature. «Quand on sera rendus à la course à la direction, on verra à ce moment-là [mais] il n'y a rien d'exclu», a-t-il dit, <a href="http://www.journaldequebec.com/2014/04/10/le-pq-pas-presse-de-tenir-une-course-a-la-chefferie" target="_blank">selon le Journal de Québec</a>.

  • Réjean Hébert

    L'ex-ministre de la Santé, Réjean Hébert, souhaite que la sociale démocratie et la souveraineté soient au coeur des enjeux soulevés par les candidats. Si ce n'est pas le cas, il<a href="http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201405/04/01-4763407-chefferie-du-pq-rejean-hebert-ne-ferme-pas-la-porte.php" target="_blank"> n'exclut pas de se présenter lui-même</a>.

  • Nic Payne

    L'ancien candidat à la chefferie d'Option nationale, Nic Payne, pourrait briguer cette fois la direction du PQ. Dans une<a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/407356/direction-du-pq-option-nationale-y-pense" target="_blank"> lettre ouverte publiée dans <em>Le Devoir</em></a>, il dit souhaiter un rassemblement des forces souverainistes, soit le PQ, ON et Québec solidaire. Lui aussi dit qu'il pourrait se lancer dans la course s'il ne sent pas un «virage indépendantiste» parmi les candidats.

  • Martine Ouellet

    L'ex-ministre des Ressources naturelles ne ferme pas la porte à une possible candidature. Avant de faire le saut en politique, Martine Ouellet s'est fait connaître du public pour son implication dans le domaine environnementaliste. Elle a notamment présidé pendant deux ans la Coalition Eau Secours.

  • Gilles Duceppe

    Alors qu'un <a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201404/28/01-4761763-sondage-crop-le-soleil-la-presse-duceppe-devance-peladeau.php" target="_blank">sondage CROP-Le Soleil-La Presse</a> donnait au PQ une hausse de 7% des intentions de vote avec Gilles Duceppe à sa tête, l'ex-chef bloquiste a refusé de se lancer dans la course à la chefferie. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/05/13/chefferie-pq-gilles-duceppe_n_5317853.html?utm_hp_ref=politique" target="_blank">Gilles Duceppe a expliqué</a> qu'il serait préférable, selon lui, que le prochain chef du parti soit issu des députés péquistes.


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