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Thaïlande: la police s'en prend aux dissidents qui utilisent les médias sociaux

06/06/2014 08:39 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

BANGKOK - La police thaïlandaise a prévenu les dissidents qui critiquent la junte militaire sur le Web, vendredi, qu'ils seraient arrêtés pour avoir exprimé en ligne des opinions politiques pouvant créer des divisions.

L'unité contre les crimes technologiques, une division spéciale de la police qui collabore avec l'armée, a cité en exemple l'arrestation, jeudi, de l'un des principaux leaders d'un mouvement de protestation contre le coup d'État, affirmant qu'il s'agissait d'une leçon pour tous les Thaïlandais qui utilisent les médias sociaux.

Les forces de l'ordre ont retracé l'adresse IP de Sombat Boonngam-anong afin de le retrouver après qu'il eut publié des messages sur Facebook exhortant la population à manifester contre le coup d'État du 22 mai, a indiqué le major général Pisit Paoin, qui a géré l'opération.

En entrevue avec l'Associated Press, M. Pisit a déclaré que les autorités souhaitaient aviser les contrevenants qui diffusent des idées incitant au soulèvement et à la violence sur les réseaux sociaux qu'ils seraient jetés en prison.

Le gouvernement militaire, qui surveille étroitement les activités sur Internet, a déjà interdit l'accès à des centaines de sites Web et a l'intention de pousser cette surveillance encore plus loin.

L'arrestation de M. Sombat risque toutefois de semer la panique parmi les utilisateurs du Web en Thaïlande.

Militant connu, l'homme a lancé une campagne en ligne demandant à ses concitoyens de protester silencieusement contre le coup d'État en faisant un salut à trois doigts dans les endroits publics, un symbole contre l'oppression emprunté à la saga américaine «The Hunger Games».

Sombat Boonngam-anong figurait parmi les nombreuses personnes, incluant des politiciens, des universitaires, des activistes et des journalistes, à avoir été convoquées par l'armée à la suite du coup d'État, mais avait refusé d'obtempérer.

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