POLITIQUE

Parti québécois: la carrière politique de Pauline Marois, première femme à diriger le Québec

06/06/2014 04:02 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT
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Première femme à diriger un parti politique au Québec, Pauline Marois a obtenu la confiance de la population aux élections générales de 2012 avant de démissionner un an et demi plus tard. Retour sur une carrière politique souvent parsemée d'embûches.

Un leadership contesté
Les premières armes
Les leviers du pouvoir
Ambition : première ministre

Un leadership contesté

En 2007, lors de la démission d'André Boisclair comme chef du parti, Pauline Marois avait été tirée de sa retraite de la vie politique pour prendre la direction du PQ.

Elle devenait ainsi la première femme à diriger un parti politique au Québec. Au congrès du parti, en avril 2011, elle a obtenu l'appui de plus de 93 % des membres. Mais dès l'été suivant, elle a dû faire face à un vent de fronde au sein de son parti.

Trois députés qui ont démissionné du PQ en juin 2011, Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe, dénonçaient alors une « autorité outrancière » au PQ, notamment concernant la façon de procéder de Mme Marois dans le dossier de l'amphithéâtre de Québec.

Ensuite, le parti qu'elle dirige a été tiraillé par diverses forces centrifuges : démission de quatre autres députés, dont trois ont rejoint le parti de François Legault et un autre a fondé le sien, démission de membres des exécutifs de plusieurs circonscriptions, création du Nouveau Mouvement pour le Québec, confidences du député Bernard Drainville au journal Le Devoir, etc.

Entre la vague de démissions au sein du parti et les appels à son départ, Mme Marois a aussi été hantée par le spectre de l'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

Après plus de trois ans à la tête du Parti québécois, le leadership de Pauline Marois a été soumis à rude épreuve.

Pauline Marois en bref

  • Naissance : le 29 mars 1949
  • Études : baccalauréat en service social et maîtrise en administration des affaires (MBA)
  • Engagement au sein de nombreux organismes communautaires
  • Attachée de presse de Jacques Parizeau, alors ministre des Finances, puis chef de cabinet de Lise Payette, alors ministre d'État à la Condition féminine
  • Élue pour la première fois en avril 1981, dans La Peltrie
  • Première femme en Occident à avoir accouché pendant qu'elle occupait une fonction ministérielle
  • Candidate à la succession de René Lévesque en 1985
  • Députée de Taillon de 1989 à 2006
  • A occupé une quinzaine de ministères, dont la Santé, l'Éducation et les Finances, a aussi présidé le Conseil du Trésor
  • Mariée à Claude Blanchet, qui a été PDG de la Société générale de financement entre 1997 et 2003
  • Indépendante de fortune
  • Mère de quatre enfants, aujourd'hui adultes (Catherine, Félix, François-Christophe et Jean-Sébastien)
  • Annonce sa candidature à la succession de Bernard Landry le 5 juin 2005, puis perd la course à la direction le 15 novembre
  • Quitte la politique en mars 2006
  • Dépose officiellement sa candidature à la succession d'André Boisclair le 18 juin 2007
  • Devient la première femme chef du Parti québécois
  • Est élue députée de Charlevoix le 24 septembre 2007
  • Réélue en décembre 2008, elle devient chef de l'opposition officielle
  • Devient la première femme à diriger le gouvernement du Québec, en remportant les élections du 4 septembre 2012
  • Démissionne comme chef du PQ après la déconfiture de son parti aux élections du 7 avril 2014

Les premières armes haut

Aînée de cinq enfants, Pauline Marois a grandi à Saint-Étienne-de-Lauzon, village de la rive sud du Saint-Laurent, en face de Québec. Son père était mécanicien dans un garage de Québec.

Pauline Marois a choisi d'étudier en service social. À l'âge de 20 ans, elle épouse Claude Blanchet, avec qui elle aura quatre enfants.

Après avoir obtenu son baccalauréat à l'Université Laval, elle travaille en Outaouais, notamment au sein de groupes communautaires et comme directrice générale d'un CLSC, puis obtient, en 1976, une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'Université de Montréal. C'est là qu'elle fait la connaissance de Jacques Parizeau, qui l'engagera par la suite comme attachée de presse.

Elle décide de devenir candidate péquiste en 1981, alors qu'elle est directrice de cabinet de la ministre d'État à la Condition féminine, Lise Payette.

En avril 1981, Pauline Marois est élue dans La Peltrie, une circonscription de la ville de Québec. Elle entreprend son ascension fulgurante au sein du gouvernement et du Parti québécois. Dès ce premier mandat, elle siège au Comité des priorités. Elle est successivement ministre de la Condition féminine, vice-présidente du Conseil du Trésor et ministre de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu.

Aux élections de décembre 1985, le Parti québécois perd le pouvoir, et Pauline Marois est battue dans La Peltrie.

Les leviers du pouvoir haut

À l'élection de 1989, Pauline Marois se retrouve dans l'opposition, où elle pilote successivement les dossiers des affaires sociales, de l'économie, du travail, de l'industrie et du commerce, du Conseil du Trésor et de l'environnement.

En 1994, le Parti québécois reprend le pouvoir, qu'il conservera à l'élection de 1998. Dans les gouvernements de Jacques Parizeau, de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, Pauline Marois prendra les commandes des ministères les plus importants, dont la Santé et l'Éducation. Dans le mandat de 1994, elle occupera au moins cinq ministères différents.

Lorsqu'il devient premier ministre, en 2001, Bernard Landry confie à Pauline Marois d'importantes responsabilités, notamment le poste de vice-première ministre. En 2002, elle cumule Finances, Industrie, Commerce, Économie sociale, Recherche, Science et Technologie, soit presque toute la sphère économique de l'État québécois, ce qui la place dans une situation délicate. Son mari, l'homme d'affaires Claude Blanchet, dirige en effet la Société générale de financement (SGF), une société d'État dont la mission est d'intervenir dans le développement économique du Québec au moyen d'investissements de capitaux gouvernementaux.

Pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts, la responsabilité de la SGF est confiée au premier ministre Bernard Landry.

En avril 2003, Pauline Marois retourne dans l'opposition, à la suite de l'élection des libéraux de Jean Charest.

Ambition : première ministre haut

Pauline Marois a manifesté son ambition de diriger le Parti québécois à peine quatre ans après avoir été élue pour la première fois. Lorsque René Lévesque démissionne de la direction du parti, en juin 1985, elle n'hésite pas à se présenter pour prendre sa succession. Elle arrive deuxième derrière Pierre Marc Johnson.

L'occasion se présente à nouveau en janvier 2001, lorsque le premier ministre Lucien Bouchard démissionne. Pauline Marois songe brièvement à se présenter à sa succession, mais Bernard Landry obtient la majorité des appuis, y compris celui de François Legault, à qui Pauline Marois avait proposé une alliance, et la course à la direction n'a pas lieu.

Pauline Marois se rallie au nouveau chef, avec qui elle dit avoir développé une complicité exceptionnelle. Bernard Landry lui confie d'importantes responsabilités au sein de son gouvernement et la nomme organisatrice du parti pour l'élection d'avril 2003.

En avril 2003, les péquistes sont défaits par les libéraux de Jean Charest. Des rumeurs circulent alors sur l'éventuelle démission de Bernard Landry. Mais le chef décide de rester en place jusqu'au congrès du parti, en juin 2005, où les militants devront décider s'ils continuent de lui accorder leur confiance.

Le 5 juin 2005, au lendemain de la démission-surprise de Bernard Landry, Pauline Marois annonce qu'elle sera candidate à sa succession.

Mais elle perd cette nouvelle occasion de devenir chef du PQ, terminant loin derrière le favori, André Boisclair.

Quelques mois plus tard, le 20 mars 2006, Pauline Marois quitte la politique active, sentant le besoin de se ressourcer après être allée au bout de son chemin. « Le coeur n'y est plus, dit-elle, la passion ne m'habite plus pour faire le travail de député. »

Elle se laissera convaincre de revenir en politique après la sévère défaite infligée au Parti québécois lors des élections du 26 mars 2007, suivie par la démission d'André Boisclair le jour de la rentrée parlementaire et par la décision de Gilles Duceppe de ne pas se porter candidat.

Pauline Marois est élue sans opposition chef du Parti québécois le 27 juin 2007, puis députée de Charlevoix l'automne suivant. Réélue en 2008, elle devient chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

Elle deviendra en 2012 la première femme à diriger le gouvernement du Québec.

Son règne ne durera que 18 mois. Aux élections du 7 avril 2014, elle démissionne comme chef du PQ après la déconfiture de son parti aux mains des libéraux et sa défaite personnelle dans sa circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré.

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