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L'Ouzbékistan critique l'Union économique eurasiatique créée par Poutine

06/06/2014 10:31 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

Le président ouzbek a critiqué vendredi la récente signature à l'initiative de Vladimir Poutine de l'Union économique eurasiatique entre la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, jugeant qu'il s'agissait d'une perte d'indépendance politique pour les ex-républiques soviétiques.

"Ils disent qu'ils sont juste en train de créer un marché économique et qu'ils n'abandonneront en aucun cas leur souveraineté et leur indépendance", a commenté Islam Karimov.

"Dites-moi, peut-il y avoir une indépendance politique sans indépendance économique?", a interrogé le président ouzbek qui s'exprimait devant un parterre de diplomates et d'experts étrangers à l'ouverture d'une conférence internationale sur la sécurité alimentaire à Tachkent.

Cette Union, signée la semaine dernière au Kazakhstan par les trois pays, vise à favoriser une intégration plus étroite de ces pays déjà liés depuis 2010 au sein d'une Union douanière. Lors de la signature, le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev avait assuré que cette Union ne toucherait "pas à la souveraineté des Etats participants".

Le Kremlin avait de son côté expliqué que les trois Etats s'engageaient "à garantir la libre-circulation des produits, services, capitaux et travailleurs, à mettre en oeuvre une politique concertée dans les domaines clés de l'économie: dans l'énergie, l'industrie, l'agriculture, les transports".

L'Union économique eurasiatique, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2015, a une importance capitale pour le président russe qui cherche à restaurer l'influence de Moscou dans l'ex-URSS. Vladimir Poutine avait qualifié en 2005 la dissolution de l'Union soviétique de "plus grande catastrophe géopolitique" du XXe siècle.

Mais le président russe a dû se résoudre à ne pas y voir participer l'Ukraine, un pays de 46 millions d'habitants doté d'un réel potentiel industriel et agricole, où l'avènement d'un nouveau pouvoir pro-occidental porté par trois mois de contestation a suscité une insurrection séparatiste dans l'Est et un accès de tension entre Russes et Occidentaux sans précédent depuis la Guerre froide.

Tandis que deux autres ex-pays soviétiques, le Kirghizstan et l'Arménie, sont sur les rangs pour rejoindre l'Union, l'Ouzbékistan, un pays riche en énergie dirigé par Islam Karimov depuis plus de vingt ans, a constamment refusé toute participation.

"L'histoire ne peut faire machine arrière", avait commenté M. Karimov en 2011, lorsque cette Union était encore au stade des discussions.

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