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Les voisins abasourdis qu'un membre du clan Bourque soit accusé de meurtre

06/06/2014 09:57 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

MONCTON, N.B. - Une sorte de tranquillité a enveloppé, vendredi, le quartier où a grandi Justin Bourque, alors que des citoyens tentaient de se faire à l'idée qu'un homme élevé au sein d'une famille appréciée et religieuse se trouvait maintenant au coeur de l'une des tueries les plus meurtrières de l'histoire du Nouveau-Brunswick.

Des résidants du secteur ouest de Moncton ont manifesté des sentiments variant entre la tristesse, l'incrédulité et l'inquiétude pour la famille à la suite de l'arrestation de Bourque, en lien avec la mort de trois agents de la Gendarmerie royale du Canada.

Un homme qui s'est décrit comme un ami d'enfance de Bourque n'a pu retenir ses sanglots alors qu'il se trouvait face à la résidence de la famille. Il disait essayer de comprendre ce qui était arrivé à son ami, comment pouvait-il être accusé d'avoir causé tant de violence.

L'homme, qui n'a pas voulu dévoiler son identité, a confié connaître Bourque depuis l'âge de 8 ans. Il s'est rendu à la résidence de la famille, souhaitant la voir pour faire part de ses condoléances.

Une administratrice d'une église locale a déclaré que ça faisait plusieurs années qu'elle n'avait pas vu Bourque, qui avait quitté la résidence familiale il y a environ 18 mois.

Mais Dianne LeBlanc a précisé que ses parents ne rataient jamais une messe dominicale à l'Église catholique romaine, qui se trouve située non loin de leur résidence.

«C'est une bonne famille, a affirmé Mme LeBlanc, alors qu'elle se trouvait dans les bureaux du diocèse, adjacents à l'église.

«Ils étaient de tellement bons catholiques. Je suis sûre que (les paroissiens) sont très attristés pour eux.»

Mme LeBlanc a ajouté que les parents, Victor et Denise, ont instruit leurs enfants à la maison et les ont élevés en français.

«J'ignorais qu'il avait des problèmes, a-t-elle déclaré en parlant du suspect de 24 ans, arrêté par la police alors qu'il se trouvait à quelques kilomètres de la maison de son enfance, tôt vendredi matin.

«Ils sont très tranquilles. C'est bouleversant.»

D'autres résidants du voisinage tentaient d'épargner la famille.

Une femme visant de l'autre côté de la rue a livré une très brève réponse aux journalistes, disant que les citoyens du secteur ont accueilli la nouvelle de l'arrestation «très tristement». Elle a refusé de partager quelque autre information que ce soit au sujet de ses voisins.

«Mon coeur est avec la famille», a déclaré la dame, qui n'a pas voulu donner son nom.

La Presse Canadienne n'a pas obtenu de réponse à la résidence de la famille vendredi.

Un homme demeurant tout juste à côté des Bourque s'est dit inquiet pour le bien-être des parents, qu'il a décrits comme étant gentils et amicaux.

John Doubt a raconté que Victor Bourque déneigeait sa cour arrosait ses fleurs chaque fois qu'il se trouvait à l'extérieur de la ville.

«Je suis de tout coeur avec eux; ils doivent être dans un état d'esprit épouvantable», a estimé M. Doubt, un voisin des Bourque depuis 17 mois.

De l'autre côté de la ville, un ancien collègue de travail de Bourque au magasin Walmart, dit penser à la famille depuis que la police a dévoilé l'identité du suspect.

«Je me suis dit, 'Ils doivent être horrifiés en ce moment'», a déclaré Trever Finck, qui a commencé à côtoyer Bourque en 2007.

Il s'est souvenu avoir rencontré les parents de son ami à leur maison en plusieurs occasions, et les a décrits comme étant des gens gentils et calmes, qui toléraient la bruyante passion de Bourque pour la guitare électrique.

M. Finck s'est également rappelé avoir découvert l'amour de Bourque pour les armes à feu lors de sa première visite à la résidence familiale, où, a-t-il relaté, son nouvel ami possédait un fusil de chasse et une carabine dans un cabinet, dans sa chambre.

«Il n'y a pas de doute qu'il était un fier propriétaire d'arme à feu», a résumé M. Finck, tout en ajoutant que lui et Bourque s'étaient éloignés l'un de l'autre au cours des dernières années, bien qu'ils étaient restés en bons termes et se voyaient, à l'occasion.

«Il n'a jamais été quelqu'un de violent... Il n'a jamais cherché la violence, mais il était prêt à se défendre si ça devenait nécessaire.»

M. Finck, qui a vu Bourque pour la dernière fois il y a environ trois semaines, au Walmart, affirme que son ami était un jeune homme exubérant, qui aimait le camping, côtoyer ses amis et être le centre d'attraction lors de fêtes.

Mais M. Finck ajoute qu'il avait noté des changements dans le comportement de Bourque au cours de la dernière année, surtout après qu'il eut créé une nouvelle page Facebook en février, remplie de messages anti-policiers et de théories conspirationnistes.

«J'aimerais savoir ce qui se passait dans sa tête. Qu'est-ce qui a causé une telle transformation chez le gars que j'ai connu.»

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