NOUVELLES

La Gendarmerie royale du Canada confirme l'arrestation de Justin Bourque

06/06/2014 12:26 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

MONCTON, - La Gendarmerie royale du Canada a annoncé l'arrestation du suspect recherché en lien avec la tuerie qui a fait trois morts et deux blessés parmi des policiers de Moncton mercredi soir.

Paul Greene, un porte-parole de la GRC, a confirmé que Justin Bourque a été arrêté tôt vendredi matin, après une traque qui aura duré presque 30 heures.

Sur son compte Twitter, la GRC a précisé que Justin Bourque a été appréhendé à 0 h 10, heure du Nouveau-Brunswick, et qu'il était détenu. Dans un message subséquent, elle ajoute que les résidants du nord de Moncton pouvaient maintenant sortir de leur demeure. La GRC a par ailleurs annoncé qu'une conférence de presse aura lieu à 8 h, vendredi, heure locale.

Michelle Thibodeau dit avoir vu l'homme de Moncton se faire arrêter devant sa résidence. La jeune femme de 21 ans a raconté que tous les membres de sa famille étaient effrayés. Elle a confié avoir entendu le suspect dire «Je suis fait», dans les instants précédant son arrestation.

Le suspect âgé de 24 ans était recherché après la fusillade survenue mercredi soir dans le secteur nord-ouest de la ville.

Un peu plus tôt jeudi, il avait été révélé que l'une des trois victimes de cette fusillade est Dave Ross, un jeune policier originaire de Victoriaville âgé de 32 ans, père d'un enfant de 18 mois et dont la conjointe attendait un deuxième enfant en août ou en septembre. Lucinda Ross, sa cousine, a confirmé l'information à La Presse Canadienne tard jeudi soir. Sur sa page Facebook, Mme Ross lui avait d'ailleurs rendu un hommage bien senti.

«Mon cousin, un policier maître-chien, passionné par son travail, est mort dans l'exercice de ses fonctions. Toutes mes pensées vont à sa femme à son fils et à toute sa famille. Repose en paix Dave xxx».

La victime a amorcé sa carrière dans l'ouest du pays, s'est rappelée sa cousine. Rapidement, il a cependant été transféré à Moncton.

«Il a excellé tout au long de sa formation. C'était tellement une belle personne. Très généreux, très aimable. Il n'y a rien à lui reprocher», a-t-elle soutenu, incapable de s'expliquer le drame.

Alors que Dave Ross était encore adolescent, l'un de ses oncles oeuvrait au sein de la Gendarmerie royale du Canada. À l'époque, Dave a commencé à interroger son oncle sur son métier et il a développé une passion pour le travail de policier, a confié Mme Ross.

«Mercredi soir, j'ai vu les événements à la télé et je me suis dit: ''j'espère que Dave n'a pas été dépêché sur les lieux''. J'ai appris le lendemain la terrible nouvelle», a raconté Mme Ross.

Pour elle, il n'y a pas de doute; il faut changer les règles en ce qui concerne les armes à feu.

«C'est révoltant, c'est choquant. Les armes, les fusils, les couteaux se vendent n'importe où. Ça n'a aucun sens. Avant de permettre la vente d'une arme, il faut faire enquête sur les gens», a-t-elle laissé tomber.

Ville-fantôme

Le suspect avait été aperçu tôt jeudi matin, peu après l'aube. Les policiers ont toutefois nié les informations voulant qu'il aurait été vu à deux reprises en matinée à Oromocto, à environ 160 kilomètres à l'ouest de Moncton, transformée en ville-fantôme.

Le public avait de nouveau été invité à ne pas partager d'informations sur les réseaux sociaux. Et alors que la nuit s'apprêtait à tomber, jeudi, la GRC avait demandé aux résidants, pour une deuxième soirée consécutive, d'allumer les lumières à l'extérieur de leur demeure afin de faciliter ses recherches.

En matinée, le commissaire adjoint Roger Brown avait également rappelé que l'individu était toujours considéré lourdement armé et très dangereux, et qu'il semblait être constamment en mouvement.

La police fédérale avait diffusé une carte illustrant une grande partie du secteur nord-ouest de la ville, incluant une section boisée, demandant aux résidants de demeurer à l'intérieur et de verrouiller leurs portes. Elle avait prévenu la population de s'attendre à des barrages routiers. Les écoles et bureaux des gouvernements ont été fermés et les autobus ont été retirés des routes.

Des policiers des quatre coins du pays avaient été appelés en renfort pour maximiser les chances d'appréhender le suspect.

Exhortant la population à faire confiance aux autorités policières, il a affirmé que cette journée était probablement «la plus sombre de l'histoire de la GRC au Nouveau-Brunswick».

Le maire de Moncton, George LeBlanc, a laissé tomber d'une voix étreinte par l'émotion que jamais, dans ses rêves les plus sombres, il n'aurait imaginé qu'une telle situation puisse se produire dans sa ville.

Lorsque ce terrible épisode sera chose du passé, les citoyens devront soutenir du mieux qu'ils le pourront les gens qui ont été affectés par cette tragédie, a poursuivi M. LeBlanc.

Les agents de la GRC avaient patrouillé la ville toute la nuit à la recherche de Justin Bourque. Le jeune homme de 24 ans de Moncton était vêtu d'une tenue de camouflage militaire et transportait deux fusils sur une photo diffusée par la police sur Twitter.

Tard mercredi, la GRC au Nouveau-Brunswick avait publié sur Twitter une photo du suspect, le décrivant comme étant «armé et dangereux». Elle demandait à quiconque possédant de l'information sur ses allées et venues de communiquer avec le 911.

La tragédie de Moncton a eu des échos aux quatre coins du pays et a fait l'objet de reportages dans certains médias étrangers, dont CNN et Le Monde.

Du côté d'Ottawa, le premier ministre Stephen Harper a tenu à souligner l'importance du travail des policiers.

«Ce violent incident nous rappelle de manière brutale que les hommes et les femmes de nos forces policières du Canada mettent leur vie en jeu chaque jour pour protéger nos citoyens et nos communautés», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair s'est pour sa part dit ébranlé et terriblement attristé par les événements survenus à Moncton.

«Mes pensées sont avec la famille et les proches des policiers de la GRC qui ont perdu leur vie et ceux qui ont été blessés dans cet horrible incident», a-t-il déclaré.

Des minutes de silence ont été observées à l'Assemblée nationale, à Québec, ainsi qu'à la Chambre des communes, à Ottawa.

PLUS:pc