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Grèce: procès des auteurs présumés d'une fusillade contre des immigrés

06/06/2014 09:27 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

Le propriétaire d'une exploitation agricole en Grèce et quatre contremaîtres accusés d'avoir blessé par balles, il y a un an, une trentaine de saisonniers immigrés venus réclamer des arriérés de salaires, sont jugés depuis vendredi devant le tribunal de Patras.

Les quatre contremaîtres, dont trois Grecs et un Bangladais, âgés entre 22 et 40 ans, sont accusés d'avoir tiré le 17 avril 2013 sur un groupe de quelque 200 travailleurs étrangers, surtout bangladais, n'avaient pas été payés depuis plusieurs mois.

Le contremaître bangladais, qui avait disparu juste après l'incident, n'a pas comparu devant le tribunal et est jugé par contumace, selon un correspondant de l'AFP à Patras, grande ville du Péloponnèse, dans le sud-ouest du pays.

Le propriétaire grec de l'exploitation, une des grosses entreprises exportatrices de fraises du village maraîcher de Manolada en Péloponnèse, à 260 km dans d'Athènes, est également poursuivi.

Le procès, qui doit durer plusieurs semaines et pour lequel une cinquantaine de témoins ont été cités, a été interrompu dans l'après-midi et doit reprendre jeudi le 12 juin.

Les poursuites initialement ouvertes pour le crime de "tentative d'homicide" ont été requalifiées en "blessures corporelles graves".

Les victimes, qui se sont vu attribuer une autorisation de séjour après le tollé provoqué à l'époque par cet incident, étaient également présentes au tribunal où une centaine de personnes se sont rassemblées pour les soutenir à l'appel d'organisations antiracistes.

L'affaire des "fraises ensanglantées" de Manolada dans un pays critiqué internationalement pour l'impunité dont y ont longtemps bénéficié les auteurs de violences xénophobes, avait suscité un vif débat politique en Grèce sur la situation misérable des migrants.

Les incidents sont fréquents à Manolada depuis plusieurs années. "Nous vivons dans des serres ou des baraques de fortune, nous nous lavons dans des tonneaux pour un salaire de 22 euros qu'on ne touche jamais", avait témoigné à l'époque l'un d'eux dans la presse.

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