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Geneve: un ex-chef de police du Guatemala condamé à la prison à vie pour sept assassinats

06/06/2014 11:25 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

L'ex-chef de la police du Guatemala, Erwin Sperisen, suisse et guatémaltèque, a été condamné vendredi par la justice suisse à la prison à vie pour avoir assassiné directement ou indirectement sept détenus au Guatemala en 2006.

De nationalité suisse (son grand-père paternel a émigré au Guatemala), M. Sperisen, 43 ans, ne peut pas être extradé au Guatemala, où il est recherché pour ses crimes, mais la loi suisse permet de poursuivre tout ressortissant suisse même si les crimes ont été commis à l'étranger.

"Le tribunal retient qu'Erwin Sperisen est coauteur" de six assassinats "et auteur direct" d'un septième assassinat, a déclaré la présidente du tribunal criminel de Genève, Isabelle Cuendet.

Les juges ont donné raison au procureur genevois qui accusait M. Sperisen d'avoir assassiné dix personnes: soit l'exécution sommaire, ensuite maquillée, de sept détenus, dont un de ses propres mains avec une arme à feu, lors d'une opération au centre pénitentiaire de Pavon en septembre 2006.

Le tribunal a en revanche rejeté, faute de preuves, une partie de l'acte d'accusation du procureur qui estimait que M. Sperisen avait également planifié l'exécution sommaire de trois autres détenus qui s'étaient évadés en 2005 de la prison Infiernito.

Dans le cas des sept détenus tués à Pavon, le tribunal retient qu'il est "coupable du chef d'assassinat" et "le condamne à une peine privative de liberté à vie", a conclu Mme Cuendet.

Les juges ont retenu que "les mobiles poursuivis" par M. Sperisen "sont égoïstes et particulièrement odieux" et que la manière dont il a agi "dénote l'absence de scrupule", a-t-elle expliqué.

Elle a souligné que la peine de prison à vie était nécessaire vu la "gravité des faits, le nombre de victimes, l'absence d'empathie" à leur égard.

Un des avocats de M. Sperisen a annoncé aux médias que son client allait faire appel après ce verdict "choquant". Certains des proches de M. Sperisen, présents dans la salle se sont effondrés en larmes, tandis que le condamné, vêtu d'un costume gris, est resté calme.

Surnommé le "viking" en raison de sa barbe rousse et de sa grande stature, il a toujours contesté les faits qui lui étaient reprochés par le procureur genevois et par la partie plaignante, la mère d'un des sept détenus assassinés.

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