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Centrafrique: premiers retours de soldats français "à partir du 15 septembre" (général)

06/06/2014 03:37 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le commandant de l'opération française en Centrafrique, le général Francisco Soriano, a indiqué vendredi que le retour de ses soldats commencerait à partir du 15 septembre, avec le relais de la mission de l'ONU.

Interrogé sur la fin prévisible de l'opération Sangaris, lancée le 5 décembre 2013 par le président François Hollande comme une opération "brève, qui n'a pas vocation à durer", le général a répondu à la radio Europe 1, en évoquant la future mission de maintien de la paix des Nations unies : "nous resterons jusqu'à ce que cette opération soit pleinement opérationnelle".

"C'est à partir du 15 septembre qu'elle prendra sa capacité opérationnelle. Eh bien nous, nous l'accompagnerons jusqu'à ce qu'elle ait atteint sa pleine capacité, ce qui devrait se faire d'ici la fin de l'année", a-t-il dit.

A la question de savoir si les premiers retours de soldats de Sangaris pourraient en conséquence intervenir à partir du 15 septembre, le général Soriano a répondu: "C'est exactement ça".

Interrogé sur les troubles qui persistent en dépit de la présence française, il a observé : "Aujourd'hui, la population musulmane, notamment dans Bangui", "souffre, c'est une réalité, elle a besoin de sécurité".

"Il faut reconnaître que les milices anti-balaka exercent une véritable pression sur les populations musulmanes", a-t-il dit, relancé sur d'éventuels risques d'épuration ethnique.

Mais pour lui "la situation est en train de s'améliorer". Il en veut pour preuve des retours de musulmans "réfugiés au Cameroun".

"Des musulmans qui s'étaient réfugiés au Cameroun ont commencé à procéder au mouvement inverse, à revenir dans la capitale", a déclaré le général.

"L'action de la force Sangaris, dans Bangui, notamment pour le 3ème arrondissement (ndlr: où se situe le quartier musulman du PK-5), est appréciée de la population", a-t-il affirmé, alors que six mois après le déclenchement de l'opération Sangaris une partie de la population manifeste une hostilité croissante envers les soldats français, les accusant de ne pas avoir désarmé les groupes armés.

"Il ne faut pas oublier que la Centrafrique, c'est un pays qui a connu vingt années de crise", a relevé l'officier. "Nous ne réfutons pas les problèmes, les difficultés, qui sont encore importants, mais on ne peut occulter tout le travail qui a été fait par la force Sangaris".

Dans un premier rapport remis jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU, une commission d'enquête des Nations unies a jugé qu'il était prématuré de parler de nettoyage ethnique ou de génocide en Centrafrique, tout en inquant avoir trouvé des preuves que des crimes contre l'humanité ont été commis par les miliciens chrétiens anti-balaka et les combattants majoritairement musulmans Séléka.

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent, rythmée par les exactions des deux camps. Ces exactions contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

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