NOUVELLES

Venezuela : l'opposant Leopoldo Lopez va être jugé pour "incitation à la violence"

05/06/2014 03:32 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

L'opposant radical vénézuélien Leopoldo Lopez, détenu depuis plus de trois mois dans les environs de Caracas, va être jugé pour "incitation à la violence" pendant les manifestations contre le gouvernement de Nicolas Maduro, a annoncé jeudi le parquet.

"La comparution de Leopoldo Lopez a été décidée en raison de sa responsabilité présumée dans les actes de violence du 12 février dernier, dans le centre de Caracas", a précisé le parquet dans un communiqué à l'issue d'une séance marathon de délibérations entamée mercredi matin au palais de Justice.

M. Lopez, un des organisateurs de la première manifestation de l'opposition à Caracas en février qui avait fait trois morts, devra répondre notamment de "délits d'incendie volontaire et de dommages" et d'"association de malfaiteurs".

S'il est jugé coupable, il encourt une peine de dix ans de prison.

"Les preuves de la défense ont été passées sous silence et niées, de sorte que nous allons arriver au procès les mains liées, complètement empêchés de prouver" l'innocence de M. Lopez, a déclaré à une radio locale son avocat Juan Carlos Gutiérrez, qui estime que le procès pourrait se dérouler en août.

Economiste de 43 ans formé à Harvard, M. Lopez est le fondateur du parti Volonté Populaire (droite), représentant l'aile radicale de la coalition d'opposition au pouvoir "chaviste" de la Table de l'unité démocratique (MUD).

"Une fois de plus, justice n'a pas été rendue. Il est lamentable que le gouvernement corrompe si ouvertement la morale de ses fonctionnaires pour cacher la vérité !", a réagi sur Twitter son épouse Lilian Tintori.

"Je suis tranquille, fort, soutenu par la vérité. Toute décision qui ne sera pas une remise en liberté sera inconstitutionnelle", a déclaré l'accusé pendant l'audience mercredi, selon ses avocats.

Leopoldo Lopez est détenu depuis le 18 février. De son lieu de détention, il a prôné la poursuite des manifestations pour obtenir la chute de Nicolas Maduro, le successeur d'Hugo Chavez à la tête du Venezuela.

Jeudi, le parquet général a également cité à comparaître, le 16 juin, la députée d'opposition radicale Maria Corina Machado, ainsi que d'autres opposants, accusés d'avoir voulu attenter à la vie du président Maduro.

Mme Machado, députée la mieux élue du Parlement, a été destituée de son siège en mars par ses pairs "chavistes".

Elle est soupçonnée, selon la citation à comparaître qu'elle a postée sur Twitter, d'agissements "contre l'indépendance et la sécurité du pays", de "délinquance organisée" et de "financement du terrorisme".

Le Venezuela a été le théâtre à partir du 4 février de manifestations parfois violentes d'étudiants et d'opposants contre l'insécurité, la mauvaise situation économique et les brutalités policières.

En mars, Daniel Ceballos et Enzo Scarano, maires des villes de San Cristobal (ouest) et San Diego (nord), ont également été destitués et condamnés respectivement à un n et à 10 mois de prison, pour leur supposée responsabilité dans ces manifestations.

Le bilan des violences s'élève officiellement à 42 morts. Les manifestations ont décru en intensité ces dernières semaines pour devenir sporadiques.

sem/pt/jh/hdz/bds

PLUS:hp