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Uderzo "marabouté par des vautours" qui veulent s'accaparer sa fortune, selon sa fille

05/06/2014 03:06 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Le dessinateur d'Astérix, Albert Uderzo, est "marabouté par des vautours " qui veulent s'accaparer sa fortune, accuse dans un entretien à l'AFP sa fille Sylvie, poursuivie par son père pour violences psychologiques.

Elle a déposé en 2011 une plainte contre X, soupçonnant l'entourage de son père, âgé aujourd'hui de 87 ans, d'abus de faiblesse. Une ordonnance de non-lieu a été rendue dans cette affaire, les juges d'instruction mettant en avant "la grande vivacité intellectuelle" du dessinateur. Mais Sylvie Uderzo a fait appel de l'ordonnance, appel qui doit être examiné vendredi à Versailles, près de Paris.

La fille du dessinateur "ne prétend pas" que son père est "sénile". Mais "un entourage toxique, notamment un notaire, un expert-comptable et un plombier devenu homme de confiance ont tissé une toile autour de lui", assure-t-elle.

"L'enquête a révélé que des assurances-vie de plusieurs centaines de milliers d'euros destinées à l'origine à mes enfants ont été transférées pendant un certain temps au bénéfice de proches de cet homme de confiance. Ce dernier a fait machine arrière par peur du scandale." Quant à l'expert-comptable et au notaire, ils se sont téléphoné "plusieurs centaines de fois en un an", accuse-t-elle.

La bataille judiciaire entre le père et la fille dure depuis 2007, lorsque Sylvie et son époux, Bernard de Choisy, sont remerciés par les éditions Albert René, en charge des albums d'Astérix conçus après le décès de René Goscinny en 1977.

Hachette Livre, qui édite les 24 opus précédents, "a lancé une véritable machine de guerre" pour mettre la main sur la maison Albert René, estime Sylvie, 57 ans. Le petit Gaulois est assis sur un tas d'or. Astérix est la BD française la plus vendue (plus de 352 millions d'albums) et la plus traduite (111 langues et dialectes) au monde.

- 'Gardienne morale d'Astérix' -

En 2008, Albert Uderzo cède ses parts à Hachette et l'autorise à poursuivre, sans lui, les aventures du Gaulois.

"Un revirement à 180 degrés", pour la fille du dessinateur. "Jusque-là, mon père a toujours refusé qu'on touche à son personnage; il disait : les nouveaux dessinateurs se contenteront de faire de l'Astérix sans prise de risque ou, parce qu'ils ont du talent, ils finiront par détourner l'oeuvre originale", raconte Sylvie qui, "écoeurée par le comportement" de la filiale du groupe Lagardère, lui cède à son tour ses parts en 2011. Hachette détient depuis l'intégralité du capital et le plein contrôle de l'exploitation d'Astérix.

"Mon combat n'est pas une affaire de gros sous. Hachette m'a versé près de 13 millions d'euros. Ce montant était confidentiel jusqu'à ce que l'entourage de mon père le divulgue pour me discréditer. Les impôts m'en ont pris quatre, mais je vis très bien", souligne-t-elle.

Elle ne revendique pas la propriété d'Astérix mais souhaite être avec ses enfants "sa gardienne morale". "Je suis tombée dans la marmite depuis mon enfance, j'ai travaillé pendant 20 ans avec mon père, je suis fille unique. J'estime être tout à fait légitime pour conserver un droit de regard" sur le personnage, explique-t-elle, assurant que si cela lui était reconnu, elle arrêterait toutes les procédures.

Quant aux violences psychologiques dont elle est accusée, elle pense "les subir de plein fouet". "J'ai été licenciée au moment où je sortais d'une longue maladie; ils ont fait suivre mon mari, fait croire qu'il avait une double vie, l'ont traîné dans la boue", dénonce Sylvie qui a vu son père pour la dernière fois il y a dix-huit mois dans le bureau d'un juge d'instruction.

"Il ne m'a même pas regardé. J'aimerais que Goscinny lui souffle dans les bronches pour lui rouvrir les yeux et le coeur", soupire-t-elle. Sylvie se fait un reproche, "ne pas avoir vu la grande solitude de son père depuis qu'il a perdu son cher René".

Sollicité, l'entourage d'Albert Uderzo n'a pas souhaité commenter ces déclarations.

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