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Syrie: l'opposition va poursuivre la révolte contre le président syrien Bachar al-Assad

05/06/2014 10:56 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT
Getty
A picture taken on May 18, 2014 in the capital Damascus shows an election campaign poster bearing a portrait of President Bashar al-Assad. Campaigning began last week for Syria's June 3 presidential election expected to return Bashar al-Assad to power. AFP PHOTO / LOUAI BESHARA (Photo credit should read LOUAI BESHARA/AFP/Getty Images)

Le président syrien Bachar al-Assad a remporté largement, comme prévu, la présidentielle qu'il avait organisée, mais pour l'opposition ce scrutin est "illégitime" et ne donnera pas un coup d'arrêt à trois ans de révolte.

Une nouvelle fois, l'Occident et la Russie ont affiché leurs divisions sur la guerre qui ravage la Syrie: dans le camp pro-rebelles, les États-Unis ont parlé de "non-élection" et la Grande-Bretagne a dénié toute légitimité au scrutin, alors que dans le camp des pro-régime, Moscou a estimé que les Syriens avaient fait le choix de "l'avenir du pays".

Une source proche de la présidence syrienne a affirmé jeudi à l'AFP que Bachar al-Assad devrait prêter serment le 17 juillet et prononcer à cette occasion devant le Parlement un discours-programme dans lequel il expliquera sa "nouvelle" politique.

Le gouvernement actuel devrait en outre démissionner pour laisser la place à un nouveau, selon cette source.

Ulcérée de voir son ennemi reconduit pour un 3e mandat de sept ans alors qu'elle croyait pouvoir le faire tomber en quelques mois, la coalition nationale de l'opposition en exil a estimé que l'élection était "illégitime et ne représentait pas le peuple syrien".

"Le peuple poursuivra sa révolution jusqu'à la réalisation de ses objectifs pour la liberté, la justice et la démocratie" a-t-elle indiqué jeudi dans un communiqué.

- Appel à accroître l'aide -

L'opposition a demandé une nouvelle fois à la communauté internationale "d'accroître son aide à l'opposition pour contraindre le régime d'Assad à accepter les accords internationaux qui sont à la base d'une solution politique en Syrie".

Le mouvement de contestation pacifique qui avait éclaté en mars 2011 pour réclamer des réformes politiques s'est transformé en insurrection armée après avoir été réprimé.La révolte a depuis basculé dans une guerre totale qui a fait plus de 162 000 morts, déraciné neuf millions de personnes et laissé le pays en ruines.

Le pouvoir syrien n'a jamais reconnu le mouvement de contestation et affirme lutter contre des "groupes terroristes à la solde de l'étranger".

Moins de 24 heures après la clôture du scrutin mardi soir, les résultats ont été proclamés: M. Assad, au pouvoir depuis 2000, l'a remporté avec 88,7% des suffrages.

L'élection a été organisée dans les régions sous contrôle du régime, soit 40% du territoire où vit 60% de la population. Elle s'est déroulée dans toutes les grandes villes, y compris celles divisées entre régime et rebelles, comme Alep ou Deraa. Seule exception Raqa (nord), tenu par un groupe jihadiste.

Selon une source officielle, 11,6 millions de personnes y ont participé, sur les 15,8 millions appelées à voter.

"Après ces élections historiques, les Syriens vont accomplir une mission militaire, politique, sociale ainsi que la reconstruction du pays en faisant fi des obus tirés quotidiennement par les terroristes et les déclarations viles de leurs parrains", écrit en Une Al-Baas, l'organe du principal parti de Syrie dirigé par M. Assad.

L'annonce de la réélection attendue de M. Assad a été accompagnée par des tirs de joie qui ont fait trois morts à Damas et une vingtaine de blessés à Alep (nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- Occident V/S Russie -

L'Occident qui soutient l'opposition syrienne modérée a dénoncé la tenue du scrutin dans un pays à feu et à sang.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague l'a qualifié d'"insulte aux Syriens en quête de liberté et de véritable changement politique".

Ce scrutin "n'a aucun sens, parce que vous ne pouvez pas avoir d'élections alors que des millions ne peuvent même pas voter, n'ont pas la capacité de contester ces élections, n'ont pas de choix", a affirmé son homologue américain John Kerry.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a qualifié l'élection d'"illégitime" et a appelé à de "véritables négociations politiques".

En revanche, la Russie, allié indéfectible du régime syrien, a estimé que la "légitimité" du scrutin ne peut être mise en cause. "Il n'est pas possible d'ignorer l'opinion de millions de Syriens, qui se sont rendus aux urnes malgré la menace (...) terroriste et ont fait le choix de l'avenir du pays", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

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