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RDC: nouvelle reddition groupée de rebelles hutu rwandais le 9 juin au Sud-Kivu (FDLR)

05/06/2014 08:15 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Une deuxième vague de redditions de rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) est prévue lundi dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué jeudi ce mouvement.

"Il y aura encore d'autres cérémonies (de reddition). La prochaine sera le 9 juin à Kigogo, au Sud-Kivu. C'est une date sûre", a déclaré à l'AFP le "colonel" Wilson Irategeka, secrétaire exécutif par intérim des FDLR, sans pouvoir préciser le nombre de rebelles qui déposeront les armes.

Vendredi dernier, le processus de reddition au Sud-Kivu avait été reporté pour des raisons logistiques, avaient expliqué les rebelles.

Réfugiés dans l'est de la RDC, les FDLR sont accusées d'avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda, qui a fait au moins 800.000 morts, selon l'ONU.

Le 18 avril, les FDLR avaient annoncé vouloir se séparer d'"ex-combattants importants" afin de "se consacrer à la lutte politique" au Rwanda, qui refuse tout dialogue avec elles. Vendredi au Nord-Kivu, près de 100 hommes s'étaient rendus, mais aucun des chefs recherchés par la justice nationale ou internationale.

"Nous avons donné des armes, nous avons donné des combattants, (...) on a même donné des officiers supérieurs. Nous voulons que la communauté internationale nous appuie pour décrocher un dialogue avec Kigali", a insisté le "colonel" Irategeka.

Mais dimanche, la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et les envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs de l'ONU, de l'Union Africaine, de l'Union européenne et des Etats-Unis se sont montrés critiques, soulignant que c'est un "nombre insignifiant de combattants subalternes (qui) se sont rendus".

Ils ont exhorté les rebelles à "une complète reddition de tous les combattants et hauts gradés FDLR dans les prochains jours", avertissant que les récalcitrants "continueront d'être passibles de l'action militaire des FARDC (armée congolaise) et de la Monusco".

Le "colonel" Irategeka s'est voulu rassurant: "C'est un processus. Les autres vont venir. Même les chefs. Ils vont rester là-bas pour quoi faire?"

D'ici fin juin, Kinshasa espère que 1.400 rebelles se seront rendus dans les Kivu. Les ex-FDLR devront dans un premier temps transiter dans des sites hors de leur zone d'influence, avant de choisir de "retourner au Rwanda ou demander asile", d'après le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.

"L'idéal serait de ramener immédiatement ces citoyens rwandais dans leur pays d'origine. Nous comptons sur la compréhension des autorités congolaises et celles de la région", a réagi dans un communiqué la Société civile du Nord-Kivu, un regroupement d'associations, d'ONG et de syndicats.

Aujourd'hui très affaiblies, les FDLR comptent entre 1.500 et 4.000 hommes, selon les sources, et sont particulièrement actives dans les provinces des Nord et Sud-Kivu, où elles sont accusées de graves exactions contre les civils (viols, meurtres, pillages, enrôlements d'enfants-soldats, etc).

Début novembre, l'armée et les Casques bleus avaient défait le Mouvement du 23 mars (M23), rébellion essentiellement tutsi-congolaise qui était active depuis un an et demi au Nord-Kivu.

Leurs offensives suivantes ont frappé les rebelles islamistes ougandais des Forces démocratiques alliées-Armée nationale de libération de l'Ouganda (ADF-Nalu), qui ont subi d'importants revers.

"L'élimination des FDLR en tant que groupe armé est au moins aussi importante que ce qui a été fait concernant le M23 et l'ADF", a souligné jeudi face à la presse l'envoyé spécial américain, Russell Feingold.

hab/mba

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