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Mort de Camille Lepage: une information judiciaire ouverte à Bangui

05/06/2014 06:06 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le parquet de Bangui a ouvert jeudi une information judiciaire pour assassinat, association de malfaiteurs et détention d'armes, après la mort le 12 mai de Camille Lepage, une photojournaliste française tuée lors d'un reportage en Centrafrique, a annoncé le doyen des juges à l'AFP.

"Une information judiciaire a été ouverte aujourd'hui. Nous nous transporterons sur les lieux et nous auditionnerons des anti-balaka" (milices chrétiennes), a affirmé jeudi le doyen des juges d'instruction de Bangui, Yves Kokoyo, à qui l'enquête a été confiée.

L'information judiciaire a été ouverte pour assassinat, association de malfaiteurs et détention illégale d'armes et de munitions de guerre, a indiqué à l'AFP le procureur de Bangui, Ghislain Grezenguet.

Des juges français sont chargés d'une procédure parallèle à Paris.

D'après l'enquête préliminaire menée par la gendarmerie centrafricaine, Camille Lepage, âgée de 26 ans, a été tuée lors d'une embuscade, à l'entrée du village Maina, dans une région située entre Bouar (ouest) et la frontière camerounaise. Quatre combattants de la milice anti-balaka avec qui elle se déplaçait ont été tués.

L'enquête préliminaire ne permet pas de savoir qui a tiré sur le groupe du chef anti-balaka Roka Mokom qui faisait partie des victimes.

Une dizaine de personnes ont été entendues et placées en détention provisoire mais leur audition n'a pas permis d'avancée significative et deux d'entre elles se sont évadées de la prison de Bangui le week-end dernier, a-t-on appris de sources judiciaires.

Les obsèques de la photographe indépendante ont été célébrées le 20 mai en la cathédrale d'Angers, ville française dont elle était originaire. Sa mort avait été annoncée le 13 mai par l'Elysée.

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent, rythmée par les exactions de l'ex-rébellion à majorité musulmane en déroute, et celles des milices anti-balaka. Ces exactions contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

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