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Litiges USA-banque BNP Paribas : la France demande "un traitement équitable"

05/06/2014 12:00 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

La France demande un "traitement équitable" par les autorités américaines dans le dossier des possibles sanctions de la justice américaine à l'encontre de la banque française BNP Paribas, a déclaré jeudi le Premier ministre Manuel Valls.

"Le Président de la République et moi-même suivons avec beaucoup d'attention ce dossier, qui concerne une des plus grandes banques européennes et mondiales, la première française", a déclaré M. Valls, en marge d'un colloque consacré aux femmes organisé à Paris.

"Ce que nous demandons c'est un traitement équitable pour BNP Paribas, et c'est cette discussion qui doit avoir lieu entre le Président de la République et le président (Barack) Obama" jeudi soir au dîner entre les deux chefs d'Etat, a-t-il rappelé.

"Ce traitement équitable, il en va aussi d'une certaine manière de notre indépendance, de l'économie française, donc il faut que les autorités américaines -nous respectons évidemment l'indépendance de la justice américaine- soient sensibles à cette situation", a poursuivi le Premier ministre.

Le dossier BNP Paribas s'invite jeudi à la table des négociations diplomatiques entre Barack Obama et François Hollande, la France cherchant à limiter les sanctions que la justice américaine pourrait infliger à cette banque.

Après plusieurs semaines de tractations en coulisses, François Hollande a publiquement pris position et souligné mercredi que son "devoir" était de montrer du doigt les "risques de sanctions totalement disproportionnées, injustes" qui menacent la première banque française outre-Atlantique.

Accusée d'avoir enfreint l'embargo américain en réalisant des opérations en dollars avec des pays comme l'Iran et le Soudan, BNP Paribas risque une amende record, qui pourrait avoisiner les 10 milliards de dollars selon la presse américaine, ainsi qu'une suspension provisoire de certaines de ses activités.

Si les transactions réalisées par BNP Paribas étaient légales au regard du droit français et international, l'utilisation du dollar permet aux Etats-Unis de faire appliquer sa propre législation.

Barack Obama a déjà déclaré jeudi en marge du G7 de Bruxelles qu'il ne voulait pas intervenir dans l'affaire BNP Paribas car il "ne se mêle pas" des affaires de justice dans son pays.

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