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Le ton monte sur le choix du président de la Commission européenne

05/06/2014 01:28 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Les discussions sont tendues au sein de l'UE sur le choix du président de la Commission européenne, notamment entre David Cameron et Angela Merkel, qui ont eu en marge du G7 une "discussion franche" sur la candidature de Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre britannique et la chancelière allemande se sont rencontrés après le dîner du G7 mercredi pour parler de la future Commission. Alors que Berlin et Londres sont souvent assez proches sur la scène européenne, cet entretien n'a apparemment pas été simple.

"Leur discussion a été amicale, franche et constructive, comme c'est le cas d'habitude et avec la volonté de trouver un consensus", a-t-on indiqué côté britannique.

Dès la semaine dernière, au lendemain des élections européennes, M. Cameron a affiché son opposition à Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE, le parti de centre droit qui est resté la première force au Parlement européen après les élections du 25 mai.

Pour les Britanniques, M. Juncker, qui fut Premier ministre du Luxembourg pendant près de 19 ans, est à la fois un "homme du passé" et trop fédéraliste. M. Cameron a plaidé jeudi pour "quelqu'un qui comprenne le besoin de changement, le besoin de réformes", lors d'une conférence de presse à l'issue du G7.

Mme Merkel, membre du PPE comme M. Juncker, lui a en revanche apporté son soutien, même si elle souligne la nécessité de prendre en compte le point de vue de Londres. "Je ne partage pas ces réticences, mais je dis aussi clairement que je considère comme grossièrement irresponsable et en fait inacceptable" de les écarter, a-t-elle dit mercredi.

Cherchez la femme

Pour le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, ce n'est "pas le moment des diktats" et des "veto". Mais "aucun candidat n'a obtenu de majorité" et il faut "trouver un point d'entente", a-t-il reconnu.

"Nous devons donner une réponse aux citoyens, pas satisfaire les ambitions des candidats", a-t-il dit, estimant que "le point de départ est le fait que la politique de rigueur et d'austérité a montré ses limites".

"Partons de ce constat pour demander l'ouverture d'une page nouvelle", a-t-il insisté, alors que Jean-Claude Juncker, à la tête de la zone euro pendant la crise de la dette, est associé à ce chapitre difficile.

M. Renzi a en outre plaidé pour une féminisation du poste: "Il faut une femme, l'Italie a donné l'exemple dans son gouvernement", a-t-il lancé.

De quoi relancer les spéculations sur une candidature de la directrice générale du FMI, la Française Christine Lagarde, soutenue par Londres. La sociale-démocrate danoise Helle Thorning-Schmidt est aussi créditée d'être intéressée.

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens doivent proposer un nom lors de leur prochain sommet les 26 et 27 juin à Bruxelles. Le Parlement européen se prononcera sur cette proposition lors d'une session plénière à Strasbourg à la mi-juillet.

Lors de la conférence de presse finale du G7, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a indiqué qu'il avait, en marge du sommet, rencontré les quatre dirigeants européens membres du club.

"Je vais continuer à travailler pour préparer une solution", a-t-il ajouté. Il rencontrera la semaine prochaine les chefs des principaux groupes du Parlement européen, avant d'appeler "tous les autres leaders de l'UE" afin "d'avoir une image complète avant de pouvoir prendre une bonne décision".

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