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Le suspect du Musée juif de Belgique comparaît pour la première fois en France

05/06/2014 05:13 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

VERSAILLES, France - Le suspect français du meurtre de trois personnes au Musée juif de Belgique a comparu en cour jeudi en vue de son extradition, sa première apparition publique depuis son arrestation.

Des membres des forces spéciales de la police, masqués et armés, entouraient Mehdi Nemmouche dans une salle hautement sécurisée de la Cour d'appel de Versailles où il a comparu.

L'homme de 29 ans, qui a combattu avec les extrémistes islamistes en Syrie, selon son avocat, a été arrêté dans une gare d'autocars de Marseille la semaine dernière à son arrivée en France. Il était en possession d'un pistolet et d'un fusil d'assaut qui ressemblent aux armes utilisées lors de la tuerie du 24 mai à Bruxelles.

Le suspect a été informé mercredi du mandat d'arrestation européen déposé par la justice belge. Son avocat, Apolin Pepiezep, a indiqué qu'il contesterait son extradition parce que son client est Français, qu'il a été arrêté en France et qu'une citoyenne française fait partie des personnes tuées dans le musée.

L'audience a été ajournée jusqu'au 12 juin à la demande de Me Pepiezep, qui a réclamé plus de temps pour étudier le dossier de son client et préparer la contestation de son extradition.

Mehdi Nemmouche, qui détient la double citoyenneté française et algérienne, semblait calme et indifférent à ce qui se passait autour de lui alors qu'il répondait à plusieurs questions de procédure. Il a notamment déclaré qu'il s'opposait à son extradition en Belgique.

Le suspect a refusé de répondre aux questions des enquêteurs pendant près de cinq jours d'interrogatoire.

«Il n'a pas dit que c'était lui. Il n'a pas dit que ce n'était pas lui», a résumé Me Pepiezep, en soulignant que la demande d'extradition était la seule question sur la table pour le moment.

L'avocat a déclaré aux journalistes qu'il n'y avait aucune preuve que son client était le tireur de Bruxelles. Il a indiqué que Nemmouche avait volé les armes et que même s'il s'avérait qu'elles ont bel et bien été utilisées au Musée juif, rien ne prouve que ce soit lui qui ait tiré.

Néanmoins, il est clair d'après le passeport du suspect qu'il s'est rendu en Syrie, a dit Me Pepiezep. Son client, qui n'a pas de domicile fixe et pas d'emploi, a admis qu'il vivait de vols, a-t-il ajouté.

«Alors quand ils l'accusent d'avoir participé au jihad, quand ils l'accusent de possession d'armes, c'est un fait», a affirmé Me Pepiezep.

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