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Le Québec vote une loi sur "les soins de fin de vie", une première au Canada

05/06/2014 06:38 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le Québec a adopté jeudi un projet de loi sur "les soins de fin de vie" comprenant les soins palliatifs et "l'aide médicale à mourir" dans certains cas exceptionnels, devenant la première province canadienne à le faire.

Sans attendre son adoption, le gouvernement conservateur canadien avait désapprouvé ce projet, l'associant au "suicide assisté" et à "l'euthanasie", interdits par le code pénal du pays.

Le nouveau Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait défendu cette proposition de loi, fruit d'un long débat de société et d'un vaste consensus dans la province francophone, affirmant qu'il s'agissait d'un projet "sur le continuum des soins" et "pas de l'euthanasie".

"L'aide médicale à mourir" sera strictement balisée. Elle restera réservée à des cas de souffrances exceptionnelles de patients atteints de maladies incurables. En outre, les médecins devront estimer que la douleur est telle qu'elle ne peut être soulagée par des médicaments.

La loi confirme aussi la primauté des volontés exprimées clairement et librement, notamment par la mise en place d'un "régime des directives médicales anticipées".

Le texte, qui pourrait faire l'objet d'une contestation judiciaire du gouvernement canadien, a finalement été adopté par 94 députés contre 22 lors d'un vote à l'Assemblée nationale de Québec.

Son adoption marque l'aboutissement d'une démarche entreprise en 2009 par la mise en place d'une commission spéciale de l'assemblée "sur la question de mourir dans la dignité". Une première version du projet de loi, déposée en juin 2013, n'avait pu être adoptée avant les élections législatives d'avril dernier au Québec.

Fait exceptionnel, les trois partis d'opposition à Québec ont voté en faveur du projet de loi, alors que 22 députés libéraux au pouvoir marquaient leur dissidence. La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a affirmé ne pas vouloir donner aux médecins le pouvoir de "tuer" des malades.

La loi "permettra à chaque personne en fin de vie d'être accompagnée d'une manière qui répond à ses propres besoins, dans le respect de ses volontés et de son intégrité", a déclaré la député du Parti québécois (opposition), Véronique Hivon, coauteure du projet adopté.

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