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Le président égyptien sortant criminalise le harcèlement sexuel

05/06/2014 04:42 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le président sortant de l'Égypte a annoncé, jeudi, un décret qui fait du harcèlement sexuel un crime passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison, une décision très attendue pour combattre ces comportements profondément enracinés dans le pays.

Le décret s'inscrit dans plusieurs décisions de dernière minute du président Adly Mansour, qui cèdera son poste dimanche au président élu, l'ancien chef de l'armée Abdel-Fattah el-Sissi.

Dans une autre décision significative, M. Mansour a annoncé un décret sur les élections parlementaires et la répartition des sièges entre les candidats indépendants et les partis politiques à l'approche des élections nationales, qui devraient avoir lieu dans quelques mois. La distribution des sièges est importante puisque le décret accorde les trois quarts des sièges aux candidats indépendants, réduisant ainsi l'influence des partis politiques et faisant pencher l'équilibre du pouvoir en faveur du président.

Le décret sur le harcèlement sexuel amende les lois actuelles, qui ne criminalisent pas le harcèlement et qui décrivent vaguement les comportements de cette nature comme des attentats à la pudeur.

En Égypte, la violence contre les femmes dans les lieux publics a pris de l'ampleur avec les troubles qui ont suivi le renversement du régime du président Hosni Moubarak, en 2011.

Le décret affirme que les personnes coupables de harcèlement sexuel sont passibles de peines de prison allant de six mois à cinq ans. Des peines plus sévères sont prévues pour les personnes en position d'autorité face à leur victime, comme le fait d'être le patron d'une femme au travail ou d'être muni d'une arme.

Le décret définit le harceleur comme une personne qui tente de satisfaire «un intérêt de nature sexuelle», selon le porte-parole de la présidence, Ehab Badawi. Les contrevenants peuvent être poursuivis pour des actes commis en public ou en privé, et les récidivistes seront passibles de peines doubles, a indiqué M. Badawi.

Une importante étude rendue publique l'an dernier indiquait que plus de 99 pour cent des femmes interrogées dans sept des 27 provinces d'Égypte ont rapporté avoir été victimes de différentes formes de harcèlement sexuel.

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