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La Chine condamne neuf personnes à mort pour terrorisme

05/06/2014 08:01 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - Les autorités chinoises ont condamné 81 personnes pour terrorisme, dont neuf à mort, en plus de procéder à 29 nouvelles arrestations dans le cadre d'une vaste rafle dans l'ouest reculé du pays, dans la foulée de plusieurs attaques meurtrières attribuées à des extrémistes musulmans.

Quatre attaques spectaculaires perpétrées depuis la fin du mois d'octobre portent ombrage aux 15 premiers mois de pouvoir du président Xi Jinping. Les attaques auraient été perpétrées par des militants ouïghours turcophones de la région du Xinjiang, dans le but de chasser les dirigeants chinois locaux.

La plus récente attaque, survenue le 22 mai, avait fait 43 morts dans un marché public. Les responsables multiplient les annonces depuis ce moment, évoquant plus de 300 arrestations et des dizaines de procès rapides qui ont débouché sur des peines sévères, dont des condamnations à mort. Certains groupes de défense des droits de la personne craignent que les droits des suspects ne soient bafoués.

Le politologue David Zweig, de l'Université de Hong Kong, a expliqué que le gouvernement chinois est ébranlé par ces attaques et qu'il veut prouver à la population qu'il est capable d'y mettre fin.

«Ils (les dirigeants chinois) ne veulent surtout pas que la population les croit incapables de gérer la situation, a-t-il dit. Ils pensent probablement que s'ils arrêtent plusieurs personnes et les jettent en prison rapidement, qu'ils ont une chance de briser le cycle.»

Les autorités chinoises prétendent que 23 groupes extrémistes ont été neutralisés, dont un qui aurait planifié une autre attaque à la bombe.

Jeudi, le réseau de télévision officiel CCTV a annoncé que 81 personnes ont été condamnées par six tribunaux différents du Xinjiang. Neuf personnes ont été condamnées à mort et trois autres ont reçu des peines de mort suspendues qui sont habituellement commuées en peines de prison à vie.

Les suspects étaient notamment accusés de meurtre, d'incendie criminel et de participation à une organisation terroriste. Le gouvernement régional du Xinjiang a ajouté, sur son site Internet, que 29 nouveaux «suspects criminels terroristes violents» ont été arrêtés.

Une représentante de Human Rights Watch à Hong Kong, Maya Wang, a prévenu que la campagne de répression pourrait se retourner contre les responsables chinois en donnant l'impression que les mauvaises personnes ont été arrêtées et condamnées, ce qui pourrait rehausser la colère des Ouïghours face au système judiciaire chinois.

«Ils (les Ouïghours) sont mécontents et ça donne l'impression qu'ils n'obtiennent pas justice», a-t-elle dit.

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