NOUVELLES

Italie : Soeur Cristina parmi les favoris de la finale de The Voice

05/06/2014 03:59 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le suspense montait en Italie au début de la finale du concours de chant télévisé The Voice qu'une religieuse, Soeur Cristina, a de fortes chances de remporter compte tenu de l'enthousiasme des millions de fans qui la suivent sur internet.

Cette nonne de 25 ans s'est présentée en robe et voile noirs, au début du show, à 19H20 GMT, au bras de son "coach", le rappeur J-Ax.

"J'ai un don et je vous le donne", avait lancé Cristina Sciuccia, quand les quatre juges du "talent show" qui venaient de la choisir à l'unanimité le 19 mars après une audition en aveugle ("blind audition") lui avaient demandé ce qu'elle faisait dans une telle émission. La présence d'une soeur détonait dans ce concours plutôt réservé aux amateurs de paillettes.

La fameuse chanteuse et présentatrice Raffaella Carra, complètement interloquée par la tenue de "Suor Cristina", lui avait même demandé si elle était une vraie religieuse et ce qu'en pensait le pape François, dont la jeune sicilienne dit s'inspirer.

"Tout ceci est arrivé parce que, dehors, il y a une soif de joie, d'amour, une soif d'un message beau et pur", a expliqué Soeur Cristina mercredi à la presse à la veille de la grande finale, organisée à Milan.

Depuis sa sélection par le rappeur J-Ax - fier du contraste entre "lui le diable et elle l'eau bénite" -, l'engouement du public pour la jeune Cristina ne s'est jamais démenti. Il a fait battre à Rai Due (deuxième chaîne de la télé publique italienne) ses propres records d'audience, systématiquement au-dessus des 15%.

Son interprétation, le jour de l'audition en aveugle, du morceau pop "No One" d'Alicia Keys a été vue plus de 50 millions de fois sur Youtube.

- "Insulte pour le showbiz"

Son ancien petit ami a été interviewé par des médias, tout comme son professeur de chant et la directrice de l'académie Star Rose, une ex-starlette des années 1990, Claudia Koll, elle-même devenue une laïque consacrée (ayant fait voeux de pauvreté et chasteté sans entrer dans un ordre).

Cristina Scuccia, qui se décrit comme une ancienne rebelle en rupture de ban avec la religion, a entamé son parcours en incarnant un peu par jeu et par défi la fondatrice de l'ordre des Ursulines, Sainte Angèle de Merici, dans une comédie musicale montée en 2008 par cette congrégation à Palerme, en Sicile. Un an plus tard, elle devenait novice avant de partir au Brésil vivre avec les enfants des rues, puis d'entrer dans les ordres il y a deux ans.

La jeune religieuse ne fait toutefois pas l'unanimité en Italie.

La candidate malheureuse au concours de l'Eurovision Emma Marrone - elle-même issue d'un "talent show" - l'a qualifiée d'"insulte pour le showbiz".

Des critiques musicaux estiment que son succès est davantage dû au symbole qu'elle représente dans un pays très imprégné par le catholicisme et au "buzz" médiatique, qu'à sa voix, haut perchée et relativement limitée.

Son "coach" J-Ax l'avait d'ailleurs écartée en demi-finale au profit d'un rappeur et c'est le vote du public qui a renversé la vapeur, propulsant "Suor Cristina" vers la finale.

Pour sa part, la religieuse se dit très sereine. Et même si elle gagne le concours jeudi, avec à la clef la sortie d'un disque produit par Universal Music, elle n'entend pas renoncer à sa vocation.

Suor Cristina se dit prête à "retourner à une vie normale" et à se contenter de chanter "avec des jeunes, à l'église, dans la paroisse ou des écoles" si ses supérieures en décidaient ainsi.

Mais cette "Sister Act" à l'italienne adoubée par un tweet de Whoopi Goldberg, ne ferme pas les portes à une carrière discographique: "Je vis le moment présent, je laisse l'avenir à la Providence et je continuerai à chanter partout où le Seigneur m'appellera".

str-fka/jlv/bds

PLUS:hp