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Irlande/enfants enterrés dans une fosse: Amnesty pousse pour une enquête

05/06/2014 03:40 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Amnesty International a demandé l'ouverture en urgence d'une enquête jeudi après les révélations sur l'inhumation secrète dans une fosse commune d'environ 800 enfants de mères célibataires hébergées par des soeurs de l'Eglise catholique irlandaise, il y a plus de 50 ans.

"Cette affaire choquante requiert une attention immédiate et des réponses de la part du gouvernement irlandais. Une enquête exhaustive doit être menée sur les conditions dans lesquelles ces enfants sont morts et si la maltraitance, la négligence ou d'autres violations des droits de l'homme ont joué un rôle dans leurs décès", a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale chez Amnesty.

"Nous avons également besoin de savoir pourquoi ces enfants n'ont pas eu droit à un enterrement digne et approprié", a-t-il ajouté.

Le dernier épisode incriminant l'Eglise catholique, déjà éclaboussée par des scandales de pédophilie et de maltraitance au cours des dernières décennies, résulte des recherches d'une historienne, Catherine Corless.

Elle en est arrivée à la conclusion que 796 enfants de mères célibataires, accueillies par des soeurs entre 1925 et 1961, avaient été ensevelis dans une fosse septique d'un ancien foyer catholique irlandais, St Mary, à Tuam (ouest).

Les enfants étaient des bébés pour la plupart, mais certains avaient jusqu'à huit ans.

La fosse, remplie à ras bord d'ossements, a été découverte en 1975 par les habitants de Tuam qui croyaient jusqu'à présent qu'il s'agissait des restes de victimes de la grande famine au XIXe siècle.

C'est en étudiant les archives de cette institution catholique, aujourd'hui reconvertie en lotissement, que l'historienne a découvert les registres de décès suggérant les quelque 800 inhumations secrètes, sans cercueil ni pierre tombale, par les soeurs de "Bon Secours".

Selon les documents, ces enfants sont morts de malnutrition et de maladies infectieuses comme la tuberculose.

L'archevêque de Tuam, Michael Neary, s'est déclaré "profondément choqué" et "horrifié" par l'ampleur de la découverte et "attristé par le grand nombre d'enfants impliqués".

Il a ajouté que la diocèse n'avait dans ces archives aucun élément référant à ces enfants, renvoyant vers la municipalité et les autorités sanitaires.

Avant Amnesty, des membres de l'opposition et Ciaran Cannon, secrétaire d'Etat à l'Education, avaient déjà appelé à une enquête gouvernementale sur cette affaire, affirmant que "ne rien faire n'était simplement pas possible".

jk/plh

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