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Irak: première livraison d'aide médicale à Fallouja, aux mains d'insurgés

05/06/2014 06:45 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a livré pour la première fois depuis janvier de l'aide médicale à la ville irakienne de Fallouja qui est aux mains d'insurgés, a indiqué jeudi le CICR dans un communiqué parlant d'une situation "désastreuse".

Une équipe composée de cinq membre du CICR s'est rendue dans la ville, qui échappe au contrôle des autorités irakiennes depuis le début de l'année, et a livré de l'aide au principal hôpital de la ville, où sont soignés des patients souffrant de brûlures ou d'autres blessures.

"La situation est très inquiétante", a indiqué Patricia Guiote, chef de la délégation du CICR à Bagdad, qui a été à la tête de l'équipe qui s'est rendue à Fallouja, à 60 km à l'ouest de Bagdad.

"Les gens souffrent d'un manque important de nourriture, d'eau et de soins. Les services hospitaliers, seuls à pouvoir encore fournir des soins aux blessés et malades, ont été sérieusement affectés par les combats", ajoute-t-elle.

Selon le communiqué du CICR, son équipe a découvert "des besoins énormes et une situation absolument désastreuse".

"Les habitants de la ville traversent une terrible épreuve", ajoute-t-il.

Quelque 350 personnes, majoritairement des civils, ont été tués en plusieurs mois de conflit à Fallouja, selon le docteur Ahmed Shami à l'hôpital de la ville.

Fallouja ainsi que des secteurs de Ramadi, le chef-lieu de province d'Al-Anbar situé 40 km plus à l'ouest, échappent depuis début janvier au contrôle des autorités.

L'armée irakienne bombarde régulièrement Fallouja et a tenté plusieurs offensives au sol pour la reprendre.

L'armée affirme viser des caches d'insurgés lors de ses bombardements, mais des habitants et groupes de défense des droits de l'Homme assurent que les civils en sont les premières victimes.

Human Rights Watch (HRW) a accusé le mois dernier l'armée de larguer des barils d'explosifs sur des zones d'habitation et d'avoir visé l'hôpital, en violation des lois internationales.

La crise dans la province d'Al-Anbar a débuté le 30 décembre avec le démantèlement à Ramadi d'un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, qui dénonçaient la marginalisation de leur communauté par les autorités dominées par les chiites.

C'est la première fois que d'importantes villes échappent ainsi au contrôle des autorités depuis l'insurrection qui a suivi l'invasion américaine en 2003.

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