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Hamilton et Rosberg de nouveau en duel, après la prise de bec de Monaco

05/06/2014 05:44 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Nico Rosberg et Lewis Hamilton ont minimisé la gravité de la prise de bec qu'ils ont eue lors du Grand Prix de Monaco, il y a deux semaines, en déclarant chacun à leur tour qu'ils avaient tourné la page sur l'incident.

Les choses s'étaient détérioriées entre eux lorsque le pilote allemand, qui occupait le premier rang provisoire des qualifications, a effectué un tout droit au bout de la descente de Mirabeau, sabotant du même coup la dernière tentative de Hamilton d'obtenir la pole position.

Comme si ce n'était pas suffisant, Rosberg a ensuite remporté le Grand Prix de Monaco pour une deuxième année de suite et s'est hissé devant le Britannique, en tête du championnat des pilotes. Ç'a mis le feu aux poudres, et Hamilton a déclaré que Rosberg devrait désormais surveiller ses arrières, comme Ayrton Senna avait dû le faire dans sa querelle avec Alain Prost chez McLaren à la fin des années 1980.

«Ce fut un week-end difficile, et je crois que Nico et mois avons dû prendre un peu de recul pour réaliser qu'il restait encore de nombreuses courses à disputer, a expliqué Hamilton, qui a savouré sa première victoire en carrière à Montréal. Au bout du compte, ce qui est important, c'est qu'on soit les premiers à croiser le fil d'arrivée.

«Et puis, vous savez, nous nous sommes parlés après la course, a confié Hamilton. Nous sommes des amis, et à ce titre nous avons des hauts et des bas. Nous nous connaissons depuis très, très longtemps déjà, donc la page est tournée et nous avons hâte de travailler de nouveau ensemble pour procurer un championnat des constructeurs à l'équipe.»

La pause de deux semaines entre Monaco et le Grand Prix du Canada aura sans doute permis à la poussière de retomber et aux esprits de se calmer. Hamilton et Rosberg reconnaissent d'emblée que l'intervention de Paddy Lowe, le directeur technique de Mercedes, et Toto Wolff, le directeur de l'écurie, a assoupli les tensions.

«Rien n'a changé dans l'équipe. Nous sommes conscients que l'équipe a fait du bon travail pour nous appuyer, surtout à cause de la façon dont les choses sont gérées par Paddy et Toto, a dit le champion du monde en 2008. Leur appui envers nous deux a été merveilleux. Nous sommes désormais sur la même longueur d'onde. Nous avons soupé avec l'équipe hier (mercredi) et les choses ne pourraient aller mieux.»

Jenson Button, qui fut jadis le coéquipier de Hamilton, avait indiqué plus tôt cette semaine que «les jeux psychologiques jouent sur (Hamilton), mais ne fonctionnent pas». Souvent, avait-il dit, lorsqu'il remportait une course, Hamilton revenait lors de la suivante et le «détruisait». Est-ce la prémice d'un long week-end pour Rosberg?

«Vous savez, j'essaie de transformer l'énergie négative en énergie positive, et de toute évidence on y parvient en répétant et en prenant de l'expérience», a expliqué Hamilton, impassible.

Historiquement, les pilotes qui font partie d'une équipe qui domine le plateau en F1 se retrouvent souvent dans la tourmente, car les enjeux sont très importants. Il y a quelques années seulement, la tension était à son comble entre Sebastian Vettel et Mark Webber chez Red Bull — l'Allemand et l'Australien ne se blairaient carrément pas.

À Monaco, Rosberg et Hamilton n'en étaient toutefois pas à leur premier accrochage, eux qui se connaissent depuis l'adolescence. Hamilton et Rosberg se sont déjà affrontés en karting, et ils ont déjà pris des vacances ensemble.

«Certes, pendant une course, il y a des tensions dans une équipe, mais c'est le monde de la course moderne. Et oui, je crois que c'est possible d'être ami, a dit Hamilton. Heureusement, dans le cas de Nico, nous nous connaissons depuis que nous avons 13 ans, et je crois que le fait que notre amitié soit bâtie sur le respect a contribué à la rendre plus forte, malgré les obstacles.»

Il ne faut toutefois pas croire tout ce que les pilotes racontent, foi de Felipe Massa.

«C'est possible d'être ami avec un rival en F1. C'est possible, mais ce n'est pas normal», a répondu le Brésilien, qui a quitté l'écurie Ferrari à l'issue de la dernière saison après avoir vécu certaines tensions avec Fernando Alonso.

Un point de vue qui n'est pas partagé par Rosberg, qui n'a que cinq victoires en F1, comparativement aux 26 de Hamilton.

«C'est difficile, ça c'est certain, parce qu'il y a constamment une lutte de pouvoir entre nous deux, a admis Rosberg. Mais tout est revenu à la normale entre Lewis et moi.»

Alors, qui dit vrai?

La réponse risque d'être connue dimanche, lorsque le drapeau à damiers se sera abattu sur le Grand Prix du Canada à l'île Notre-Dame.

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