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France: les députés votent la suppression des "peines plancher", symbole du mandat Sarkozy

05/06/2014 12:41 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Les députés français ont voté jeudi l'abrogation des "peines plancher", prévue dans la réforme pénale, conformément à la promesse du président socialiste François Hollande de supprimer cette mesure emblématique de son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy.

A l'issue de longs débats, la majorité a voté pour cette suppression, à l'inverse de l'opposition de droite UMP qui a réitéré son procès en laxisme de la gauche accusée de vouloir "vider les prisons".

Examiné depuis mardi, le projet de loi de la ministre de la Justice Christiane Taubira "tendant à renforcer l'efficacité des sanctions pénales" supprime les peines minimales pour les récidivistes et auteurs de violences aggravées instaurées en 2007 et applicables aux majeurs ainsi qu'aux mineurs.

La ministre et les élus de gauche ont martelé que les peines plancher étaient inefficaces à contrer la récidive, et à l'origine d'un allongement de la durée des peines ainsi que d'une surpopulation pénale accrue.

Le nombre de détenus en France est passé de 58.000 en 2007 à plus de 68.000 en 2014. Et le taux de personnes condamnées en récidive est passé de 8% des condamnés pour délits en 2007 à 11% en 2010.

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Guillaume Larrivé, a critiqué un "anti-sarkozysme purulent" qui guiderait la Garde des Sceaux.

"Nous sommes dans une philosophie et un rapport à la justice différent", a répondu la ministre de la Justice, qui a défendu le principe de "l'individualisation des peines" et a redit sa "confiance" dans les juges.

La députée du Front National Marion Maréchal-Le Pen a dénoncé "un signal désastreux qui est envoyé aux délinquants" avec leur suppression.

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