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Egypte: sanctions contre le harcèlement sexuel

05/06/2014 02:22 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

La présidence égyptienne a annoncé jeudi l'adoption d'une série de sanctions allant de l'amende à la prison ferme pour punir le harcèlement sexuel, un phénomène qui touche l'immense majorité des Egyptiennes.

Le président sortant, Adly Mansour, a approuvé une série d'amendements au code pénal pour lutter contre ce fléau dont souffrent ou ont déjà souffert 99% des femmes dans le pays, selon une étude de l'ONU parue en 2013.

Tout geste, parole ou acte inapproprié à caractère sexuel ou pornographique seront désormais passibles d'au moins six mois de prison, et peuvent être assortis d'une amende allant de 3.000 à 5.000 livres égyptiennes (307 à 513 euros).

"Si le harcèlement a pour but d'obtenir des faveurs sexuelles de la victime", la peine peut aller jusqu'à un an de prison et 10.000 à 20.000 livres d'amendes.

Les peines et les amendes peuvent encore être alourdies (jusqu'à 5 ans de prison et 50.000 livres) si le coupable a usé d'un ascendant familial, professionnel ou académique pour faire pression sur la victime.

Ces amendements n'ont "aucune valeur", a réagi un militant, selon qui la question des agressions sexuelles en groupe n'a pas été suffisamment prise en compte.

En outre, estime Fathi Farid, fondateur de la campagne "J'ai vu du harcèlement", les nouvelles dispositions du code pénal laissent libre le juge de choisir entre la prison et l'amende.

Depuis la révolte de 2011 qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak, le nombre de cas de harcèlement sexuel s'est multiplié en Egypte, et plusieurs femmes ont été attaquées par des groupes de jeunes hommes lors de manifestations.

En mars, le directeur d'une université a suggéré que la tenue d'une étudiante était en partie responsable du harcèlement dont elle était victime, suscitant l'indignation dans le pays.

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