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Des militants de Boko Haram ont tué 200 personnes

05/06/2014 07:32 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

MAIDUGURI, Nigeria - Des militants de Boko Haram déguisés en soldats ont massacré au moins 200 civils dans trois communautés du nord-est du Nigeria, affirment des témoins qui reprochent aussi à l'armée de ne pas être intervenue après avoir été prévenue de l'attaque imminente.

Un leader communautaire témoin des tueries survenues lundi explique que les dirigeants du district de Gwoza, dans l'État de Borno, ont supplié l'armée d'envoyer des soldats protéger la région après avoir entendu que les militants s'apprêtaient à frapper, mais qu'aucune aide ne leur a été fournie.

Les trois villages attaqués sont ceux de Danjara, Agapalwa et Antagara.

Les militants sont arrivés à bord de camionnettes comme celles fréquemment utilisées par l'armée et ont dit aux civils qu'ils étaient des soldats venus les protéger. C'est la même tactique que celle utilisée par Boko Haram lors de l'enlèvement de quelque 300 écolières, le 15 avril.

«Nous avons pensé que c'était les soldats à qui nous avions dit que les insurgés risquaient de nous attaquer», a dit un survivant du massacre.

Après avoir rassemblé les villageois, les militants ont commencé à hurler «Allahu Akbar, Allahu Akbar! et à tirer sur tout le monde pendant très longtemps, jusqu'à ce que tout le monde soit mort», a raconté le témoin sous le couvert de l'anonymat.

D'autres militants rôdaient autour du village à bord de motos pour abattre ceux qui tentaient de s'enfuir.

Il a fallu quelques jours avant que la nouvelle du massacre ne rejoigne la capitale provinciale, Maiduguri, puisque les déplacements sur les routes sont très dangereux et que les connexions téléphoniques sont mauvaises ou inexistantes.

Le massacre a été confirmé par Mohammed Ali Ndume, un sénateur originaire de Gwoza qui représente le Borno, et par un responsable de la sécurité à Maiduguri.

Les islamistes de Boko Haram sèment la terreur dans le nord-est du Nigeria depuis des années et le bilan des attaques de lundi compte parmi les plus lourds jamais annoncés. Plus de 2000 personnes ont été tuées seulement depuis le début de l'année et 750 000 autres Nigérians ont été contraints de fuir.

L'émir de Gwoza avait été tué par Boko Haram la semaine dernière. Un journaliste local qui s'est alors rendu dans la région a dénombré une quinzaine de villages abandonnés le long d'une route de 135 kilomètres.

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