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Crise en Ukraine: Obama et Cameron lancent un nouvel ultimatum à Poutine

05/06/2014 12:41 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

BRUXELLES - Le président américain Barack Obama et le premier ministre britannique David Cameron ont lancé un nouvel ultimatum à la Russie, jeudi, en donnant à Moscou un mois pour se plier à leurs conditions en Ukraine au risque de faire face à de nouvelles sanctions.

Les deux dirigeants ont détaillé leur position lors d'une conférence de presse après le sommet du G7 à Bruxelles, un événement remanié pour en exclure le président russe Vladimir Poutine après ses décisions agressives en Ukraine. Les États-Unis et les pays européens ont déjà imposé des sanctions à la Russie en réponse à la crise en Ukraine.

Pour éviter des sanctions encore plus sévères, a dit M. Cameron, le président Poutine doit remplir trois conditions: reconnaître que le président ukrainien élu, Petro Porochenko, est le nouveau patron à Kiev, empêcher les armes de traverser la frontière et cesser d'appuyer les groupes séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

«Si ces choses ne se produisent pas, des sanctions sectorielles seront imposées», a déclaré le premier ministre britannique. «Le mois prochain sera vital pour déterminer si le président Poutine a pris ces mesures. Et c'est ce sur quoi je vais insister quand je rencontrerai le président Poutine plus tard aujourd'hui.»

M. Obama a pour sa part affirmé que les dirigeants du G7 avaient unanimement convenu des conditions détaillées par M. Cameron. Mais ils n'ont pas été aussi explicites dans les déclarations écrites publiées après deux jours de discussions à Bruxelles, et un collaborateur du président américain a par la suite décrit les sanctions potentielles dans des termes différents de ceux employés par M. Cameron.

«Si M. Poutine respecte ces conditions, il sera alors possible pour nous de commencer à rebâtir la confiance entre la Russie, ses voisins et l'Europe», a déclaré le président américain. «Nous aurons la chance de voir ce que M. Poutine fera dans les deux, trois ou quatre prochaines semaines, et s'il persiste dans la voie actuelle, nous avons déjà indiqué le genre d'actions que nous sommes prêts à prendre.»

M. Obama a admis que les sanctions sectorielles, qui toucheraient des secteurs clés de l'économie russe, auraient un impact plus important en Europe à cause de ses liens économiques avec la Russie, et a indiqué qu'il ne s'attendait pas à ce que tous les pays européens soient d'accord avec ces mesures.

«Mon espoir est que nous n'ayons pas à les appliquer parce que M. Poutine aura pris de meilleures décisions», a déclaré M. Obama.

Son conseiller en politique étrangère, Ben Rhodes, a affirmé par la suite qu'il n'était pas certain que les sanctions sectorielles seraient retenues. «Nous calibrerons (les sanctions) en fonction de la situation (...) et les sanctions sectorielles font partie des possibilités», a-t-il dit.

M. Rhodes a tenu ces propos à bord de l'avion présidentiel qui se dirigeait vers Paris, où M. Obama a dîné avec le président français, François Hollande. M. Hollande avait prévu un second dîner jeudi soir avec M. Poutine, afin que les dirigeants américain et russe ne se croisent pas durant leur passage dans la capitale française.

M. Obama n'a pas prévu de rencontre privée avec M. Poutine, mais il a indiqué qu'ils pourraient avoir l'occasion de se parler lorsqu'ils assisteront tous les deux aux commémorations du 70e anniversaire du Débarquement de Normandie, vendredi. De nombreux autres dirigeants seront présents, dont le président ukrainien élu, Petro Porochenko.

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