NOUVELLES

CEIC: un ex-maire se plaint de s'être fait imposer un organisateur libéral

05/06/2014 11:17 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Un ancien maire de Saint-Sauveur, Michel Lagacé, a affirmé à la Commission Charbonneau, jeudi, s'être fait «mettre dans les pattes» un organisateur libéral, alors qu'il cherchait depuis un certain temps à obtenir une subvention pour une piscine dans sa municipalité.

En août 2008, lors d'un tournoi de golf, le maire Lagacé avait rencontré une attachée politique du ministre responsable de la région, David Whissell, pour s'enquérir du progrès de sa demande de subvention pour la piscine. Elle lui avait alors répondu: «ce n'est pas de même que ça marche, je vais vous présenter quelqu'un».

Le maire Lagacé avait donc rencontré Christian Côté, de la firme Plania, qui lui disait être un ami du ministre Whissell qui allait travailler pour faire avancer son dossier.

«Il prétend qu'il peut obtenir la subvention plus facilement que si j'étais seul», rapporte l'ex-maire.

En 2009, M. Côté lui disait toujours que «ça s'en vient, que ça ne sera pas trop long; on travaille là-dessus et on va l'avoir», rapporte-t-il.

M. Lagacé a dû participer à deux activités de financement pour le Parti libéral, à 250 $ chacune, dans l'espoir de voir débloquer sa demande de subvention _ en vain.

Il a rencontré de nouveau M. Côté, de Plania, avec un représentant de la firme de génie Dessau.

Le maire Lagacé s'inquiétait de voir la firme de génie Dessau travailler au dossier de sa piscine, en réévaluer les coûts, même, sans être payée. Il s'en était ouvert à l'organisateur Christian Côté, qui lui avait dit de ne pas s'en inquiéter, que «ça, ça s'arrange».

C'est alors que M. Lagacé a compris qu'il se ferait imposer «un appel d'offres dirigé», c'est-à-dire un appel d'offres avec des critères si précis qu'il devient évident qu'il a été formulé pour favoriser une firme de génie donnée.

M. Lagacé a refusé de se prêter au jeu.

«Quand elle (l'attachée politique) m'a dit 'c'est pas de même que ça marche', je ne suis pas naïf, je savais bien qu'ils voulaient essayer de me mettre quelqu'un dans les pattes pour faire de la magouille. Et il n'en était pas question. Par contre, la subvention, on la voulait, alors il n'était pas question non plus que je ne lui parle pas (à M. Côté). Je faisais de la politique, là, un peu», a-t-il lancé.

«Ça ne m'intéressait pas. Moi, ils me l'ont mis dans les pattes ce gars-là. Et je ne voulais pas l'avoir dans les pattes. Je n'avais pas le choix: si je voulais avoir la subvention, il fallait bien qu'on marche selon les procédures», s'est-il exclamé.

Le maire et son directeur général voulaient procéder «de la bonne façon et c'est ce qu'on a fait» avec un appel d'offres en bonne et due forme.

Finalement, Dessau est arrivé deuxième et n'a pas obtenu le mandat.

La Ville a attendu et attendu sa subvention, se refusant à dépenser l'argent sans avoir cette subvention en main.

Bien plus tard, en 2010, le maire s'était fait dire par le député libéral Guy Ouellette que son dossier était bloqué au conseil des ministres.

La Ville de Saint-Sauveur a finalement obtenu sa subvention de 3,3 millions $ pour un projet de 6 600 000 $. Mais c'est le gouvernement suivant du Parti québécois qui la lui a octroyée, en novembre 2013.

PLUS:pc