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CEIC: invités à servir de prête-noms pour le PLQ par Bernard Trépanier

05/06/2014 01:24 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Des hommes d'affaires affirment avoir été sollicités pour servir de prête-noms afin de financer le Parti libéral du Québec, et ce, par Bernard Trépanier, qui avait témoigné devant la Commission Charbonneau lors du volet sur le financement municipal à Montréal.

Deux témoins ont indiqué à la commission d'enquête, jeudi, que Bernard Trépanier avait ainsi sollicité en 2007 un groupe d'environ 15 hommes d'affaires qui se trouvaient à l'Hippoclub du restaurant L'Onyx, à Laval, alors propriété de l'entrepreneur Tony Accurso.

Joseph Cristofaro, un de ces hommes d'affaires, a indiqué que M. Trépanier lui avait demandé de libeller un chèque de 3000 $ au nom du Parti libéral du Québec, l'avisant qu'il le rembourserait en argent comptant. Et il l'a été le jour même.

M. Cristofaro ne s'en est pas caché: il savait pertinemment qu'il servait alors de prête-nom pour financer le PLQ.

Il n'a pas demandé à M. Trépanier d'où venait l'argent comptant pour le rembourser. «Aucune idée», a-t-il répondu à l'avocate du Parti québécois qui l'a contre-interrogé, Me Estelle Tremblay.

Ensuite, l'enquêteur-analyste de la commission, Guy Desrosiers, a pu contacter quatre autres personnes ayant versé de semblables contributions destinées au Parti libéral, par l'intermédiaire de Bernard Trépanier. Donc, au moins cinq du groupe des 15 ont admis avoir été sollicités pour servir de prête-noms. Parmi eux, on retrouve l'ancien joueur de hockey Carol Vadnais, devenu agent immobilier.

Lorsqu'il avait témoigné devant la commission, à la mi-avril 2013, M. Trépanier avait admis avoir participé à des activités de financement pour le PLQ, avoir fait des dons au PLQ, mais il avait nié avoir fait du financement pour le PLQ. Il n'avait d'ailleurs pas de certificat pour ce faire.

M. Trépanier faisait officiellement du financement pour Union Montréal, le parti de l'ex-maire Gérald Tremblay.

Aucun des témoins rencontrés par l'enquêteur Desrosiers lui a avoué avoir craint de se faire prendre par le Directeur général des élections du Québec. «Il n'y a personne qui a fait allusion à une crainte. Disons que l'histoire des prête-noms n'était pas non plus... Ils savaient que ce n'était pas correct, par contre... Il faut se rapporter à l'époque, aussi, ce n'était pas comme aujourd'hui; ce n'était pas aussi mal vu», a résumé l'enquêteur Desrosiers.

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