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Canada: recherche active du tueur présumé de trois policiers

05/06/2014 02:20 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Les forces de l'ordre canadiennes resserraient jeudi les mailles de leur filet autour d'un jeune homme armé de deux fusils qui a abattu la veille trois policiers, et blessé deux autres, à Moncton, sur la côte atlantique.

La capitale de la province du Nouveau-Brunswick (est) est le théâtre d'une vaste chasse à l'homme depuis 19H30 locales mercredi (00H30 GMT jeudi) et ses 70.000 habitants ont été priés de se barricader chez eux tant que le tireur n'a pas été arrêté.

Dans une zone de 10 km2 complètement bouclée, un impressionnant dispositif policier était déployé et des tireurs d'élite avaient pris position autour d'une maison proche du centre de la ville, selon les images des télévisions. Un petit véhicule robotisé a été dirigé vers la maison, puis, vers 18H00 GMT, un véhicule blindé s'est approché en couvrant plusieurs policiers lourdement armés.

"La situation est très, très dangereuse, le suspect n'a toujours pas été appréhendé", avait mis en garde plus tôt jeudi le commandant adjoint Roger Brown de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) lors d'une conférence de presse.

La police fédérale vit sa pire tragédie depuis l'assassinat en mars 2005 de quatre agents de la GRC. A la différence des États-Unis voisins, le Canada est en effet relativement épargné par les fusillades.

Les écoles et administrations de Moncton ont été fermées, la distribution du courrier est suspendue, de nombreux commerces ont tiré leur rideau et l'aéroport local accuse de nombreux retards en raison des fouilles renforcées.

Réquisitionnés, des véhicules blindés de transport de fonds ont acheminé les policiers aux abords du périmètre de sécurité dans une zone boisée du nord-est de cette ville acadienne où s'est retranché le suspect mercredi soir. La GRC a noté qu'il avait été aperçu au moins une fois jeudi au lever du jour.

- Armé de deux fusils -

Vêtu d'une veste et d'un pantalon treillis, un sac à dos kaki sur les épaules, le suspect est de bonne stature, les cheveux mi-longs de couleur claire retenus par un bandeau, et une barbe naissante.

La police fédérale s'appuie dans sa traque sur un cliché pris mercredi en fin de journée par le journal local le Times & Transcript: on y voit Justin Bourque, 24 ans, tel qu'il a été identifié par la GRC, tenir un fusil automatique, et en porter un autre dans le dos.

C'est avec ces armes qu'il a fait face aux forces de l'ordre en plein quartier résidentiel mercredi vers 19H30 locales, avant de faire feu et de tuer trois policiers et d'en blesser deux autres.

Le pronostic vital des deux policiers blessés n'est pas engagé. "Ils sont dans un état stable", avait indiqué dans la nuit le Dr Dhany Charest, neurochirurgien à l'hôpital de Moncton.

Sur ce qui pourrait être sa page Facebook, Justin Bourque aurait posté juste avant l'heure de la tuerie les extraits du titre de la chanson "Hook in mouse" du groupe de rock metal américain Megadeth. Le refrain décline chaque lettre du mot "Liberté" sur des phrases de haine et de rejet pour terminer sur : "cela s'épelle liberté, cela ne signifie rien pour moi".

Depuis Bruxelles où il se trouve dans le cadre des commémorations du Débarquement allié du 6 juin 1944, le Premier ministre canadien Stephen Harper a exprimé en point de presse jeudi son "chagrin pour la mort des trois agents de la GRC".

Le ministre fédéral de la Sécurité publique Steven Blaney s'est déclaré de son côté "ébranlé par la tragédie de Moncton" tandis que le Premier ministre de la province David Alward se disait "choqué et attristé".

jl-sab/mbr/rap

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