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Birmanie: des moines bouddhistes appellent au boycott du Qatari Ooredoo

05/06/2014 10:17 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Des moines bouddhistes radicaux ont appelé au boycott du groupe de télécommunications Ooredoo en raison de son origine qatarie, malgré ses promesses d'augmenter l'accès à des téléphones portables bon marché, a indiqué un religieux jeudi.

Ooredoo et le Norvégien Telenor avaient remporté les deux premières et très attendues licences de téléphonie mobile de Birmanie, ouvrant l'un des marchés de téléphonie les moins développés du monde.

Les deux groupes doivent commencer à vendre des cartes SIM bon marché cette année dans le pays où les prix des téléphones sous l'ancienne junte étaient exorbitants, laissant neuf habitants sur dix sans accès au téléphone.

Mais la Birmanie fait face à un mouvement nationaliste bouddhiste en expansion, mené par des moines extrémistes qui ont déjà appelé au boycott des magasins tenus par des musulmans et réclamé une loi pour limiter les mariages interreligieux.

"Nous voulons que les bouddhistes achètent seulement dans les magasins dont les propriétaires sont de notre religion", a déclaré le moine Parmuakha, qui organise une campagne contre l'entreprise qui doit commencer samedi.

Le religieux a indiqué que son groupe condamnait la décision des autorités d'attribuer une licence à Ooredoo.

Le groupe prévoit de vendre à partir du troisième trimestre des cartes SIM autour de 1.500 kyats (1,50 dollar), soit mille fois moins cher que leur pic sous la junte dissoute en 2011.

"Nous pensons que toutes les personnes naissent égales et méritent le respect", a réagi une porte-parole de l'entreprise, Thiri Kyar Nyo.

"Je pense que toute suspicion concernant notre entreprise se dissipera rapidement une fois que les gens verront plus notre marque et les effets positifs que nous apporterons à la population birmane", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement qui a succédé la junte a lancé de spectaculaires réformes politiques et économiques, obtenant la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

L'ouverture d'un pays riche en ressources naturelles et doté de 60 millions de consommateurs a généré une certaine excitation, mais les investisseurs sont restés prudents, notamment en raison des craintes liées à la corruption et à l'environnement juridique incertain.

Les questions de religion sont très sensibles dans ce pays majoritairement bouddhiste où plusieurs épisodes de violences entre bouddhistes et musulmans ont fait environ 250 morts ces deux dernières années.

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