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Après les mises en garde, les dirigeants occidentaux vont discuter avec Poutine

05/06/2014 04:42 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Après la fermeté affichée au G7 sur la crise en Ukraine, les dirigeants occidentaux devaient commencer jeudi à s'expliquer directement avec Vladimir Poutine, pour la première fois depuis l'annexion de la Crimée par la Russie.

La plupart des dirigeants réunis à Bruxelles doivent se retrouver en soirée à Paris, avant de se rendre en Normandie pour les cérémonies de commémoration du Débarquement allié en juin 1944 où est également attendu le président russe.

Le Premier ministre britannique, David Cameron doit avoir un entretien en tête à tête avec M. Poutine à Paris. C'est "une opportunité majeure pour insister sur l'importance d'un dialogue entre le gouvernement russe et le nouveau gouvernement ukrainien", avait fait valoir lundi un porte-parole de M. Cameron.

Vladimir Poutine sera également reçu jeudi soir à l'Elysée par le président français François Hollande. La chancelière allemande Angela Merkel le rencontrera vendredi matin, juste avant les cérémonies officielles du Débarquement. Seul le président américain, Barack Obama n'a prévu aucune rencontre avec son homologue russe.

Les dirigeants du G7 ont appelé mercredi soir Vladimir Poutine à faire véritablement baisser la tension en Ukraine et à "coopérer" avec le nouveau président, Petro Porochenko, que le maître du Kremlin n'a pas exclu de rencontrer vendredi en France.

"Je ne compte éviter personne et parlerai, évidemment, à tout le monde", a indiqué le président russe, interrogé sur une chaîne de télévision française. La Russie n'a pas formellement reconnu le président élu le 25 mai et qui sera investi samedi à Kiev.

- Menace de sanctions -

"L'annexion illégale de la Crimée par la Russie et les actions de déstabilisation de l'Est de l'Ukraine sont inacceptables et doivent cesser", ont réclamé les dirigeants du G7 dans une déclaration commune.

Ils ont de nouveau appelé Moscou à retirer les troupes massées près de la frontière ukrainienne, à arrêter le flux d'armes et de militants séparatistes vers l'Ukraine, et à utiliser leur influence auprès des séparatistes pour qu'ils déposent les armes.

Si la tension ne baisse pas, "nous sommes prêts à intensifier les sanctions ciblées et à mettre en oeuvre des sanctions supplémentaires pour imposer de nouveaux coûts à la Russie", ont-ils averti.

Ces sanctions, susceptibles de frapper l'économie russe, pourraient être décidées au prochain sommet européen qui se tiendra les 26 et 27 juin, a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel.

Alors que les forces ukrainiennes poursuivent leur offensive autour du bastion prorusse de Slaviansk, à plus de 100 km au nord de Donetsk, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev a qualifié de "cynisme sans limites" le soutien exprimé, selon lui, par le G7 à l'opération armée des forces ukrainiennes contre l'insurrection prorusse dans l'est du pays.

- Mise en garde sur l'énergie -

Dans un projet de déclaration qui devrait être adopté à l'issue de leur réunion à Bruxelles, les dirigeants du G7, qui discutent jeudi de l'état de l'économie mondiale et des question énergétiques, ont une nouvelle fois mis en garde Moscou.

"L'utilisation de l'approvisionnement énergétique comme moyen de coercition politique ou comme menace à la sécurité est inacceptable", ont-ils insisté. "La crise en Ukraine montre clairement que la sécurité énergétique doit être au centre de notre programme commun et exige un changement radical en vue de diversifier les approvisionnements en énergie et de moderniser nos infrastructures énergétiques", ont-ils ajouté.

Le géant gazier russe Gazprom a repoussé au 10 juin son ultimatum à l'Ukraine pour le paiement de sa dette gazière et la poursuite des livraisons. Gazprom insiste sur le remboursement par l'Ukraine du reste de sa lourde dette gazière (qui représente au total plus de 3 milliards de dollars) ainsi que sur le prépaiement des livraisons prévues pour juin, et menace de couper ses approvisionnements si cela n'est pas fait d'ici la date limite qu'elle a fixée.

L'UE, qui importe le quart de son gaz de Russie et dont près de la moitié transite par l'Ukraine, craint d'être la victime collatérale d'une coupure des approvisionnements de gaz à l'Ukraine.

A ce sujet, les dirigeants du G7 se sont engagés à "compléter les efforts de la Commission européenne afin de développer des plans énergétiques d'urgence au niveau régional pour l'hiver 2014-2015".

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