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Zone euro: la croissance a légèrement ralenti au 1er trimestre (Eurostat)

04/06/2014 10:01 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

La croissance a légèrement ralenti dans la zone euro au premier trimestre, ce qui devrait accentuer la pression pour que la Banque centrale européenne (BCE) intervienne lors de sa réunion mensuelle jeudi.

Le Produit intérieur brut de la zone euro a progressé de seulement 0,2%, a confirmé mercredi l'office européen des statistiques Eurostat, qui a publié une seconde estimation de cet indicateur. En revanche, le chiffre du quatrième trimestre 2013 a été révisé à la hausse, de 0,2% à 0,3%.

Concernant l'ensemble de l'Union européenne, la croissance a été de 0,3%, après +0,4% fin 2014.

"Le ralentissement de la croissance au 1er trimestre rend encore plus nécessaire une action de la BCE via une série de mesures conventionnelles et non conventionnelles", estime Howard Archer, de IHS Global Insight. D'autant que l'inflation stagne dans le même temps à un niveau peu élevé, à 0,5% en mai, bien loin de l'objectif de l'institut monétaire (autour de 2%).

Dans le détail, la consommation des ménages et les investissements ont légèrement soutenu la croissance en début d'année (contribution de +0,1 point de pourcentage dans les deux cas).

Mais la contribution du commerce extérieur a été négative (-0,2 point), indique Eurostat. Les exportations ont crû de 0,3% sur la période de janvier à fin mars (après +1,4%) et les importations ont augmenté de 0,8% (après +0,7%).

Pour Janet Henry, économiste chez HSBC, ces données devraient entraîner une révision à la baisse des prévisions de croissance de la BCE, qui table actuellement sur +1,2% en 2014 pour la zone euro. L'institut monétaire doit publier jeudi ses nouvelles prévisions de croissance et d'inflation.

Parmi les États membres de la zone euro, l'Allemagne a affiché la plus forte croissance au premier trimestre (+0,8%), jouant pleinement son rôle de moteur économique. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées aux Pays-Bas (-1,4%), en Estonie (-1,2%), à Chypre et au Portugal (-0,7% chacun).

Mais la situation devrait légèrement s'améliorer au deuxième trimestre, soulignent les analystes.

"Une combinaison de facteurs devraient favoriser un renforcement de l'activité économique de la zone euro dans les prochains mois", précise M. Archer, qui envisage une croissance de 1,1% en 2014.

L'activité privée a légèrement ralenti en mai, a indiqué de son côté le cabinet privé Markit, qui publie l'indice PMI. Il s'est établi à 53,5 selon une seconde estimation, après avoir atteint 54,0 le mois précédent.

Ce léger ralentissement ne devrait pas empêcher l'activité privée d'enregistrer sa plus forte croissance trimestrielle en trois ans dans la zone euro. L'indice est "conforme à une croissance trimestrielle de l'ordre de 0,4-0,5% au deuxième trimestre", souligne Chris Williamson, de Markit, même si "la reprise reste terne, inégale et hésitante".

may/jlb/fw

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