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Rwanda: libération d'un opposant après quatre ans de prison

04/06/2014 07:20 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

L'opposant rwandais Bernard Ntaganda, condamné à quatre ans de prison notamment pour atteinte à la sûreté de l'Etat et "divisionnisme", a été libéré mercredi après avoir purgé sa peine, ont annoncé les autorités pénitentiaires rwandaises.

"Il a terminé sa peine aujourd'hui et a été libéré", a déclaré à l'AFP Paul Rwarakabije, directeur général du Service pénitentiaire du Rwanda, précisant que l'opposant était déjà "avec ses amis et ses proches".

Immédiatement après sa libération mercredi, M. Ntaganda, avocat de profession, a répété avoir été injustement emprisonné.

"Je vais revenir à la politique en tant qu'acteur actif et parce que je ne suis pas un perdant", a déclaré Me Ntaganda à la station privée Radio-Flash, "j'ai été emprisonné pour des raisons politiques, c'est pour cela que je n'abandonnerai pas".

Bernard Ntaganda avait été arrêté en juin 2010 après avoir tenté de manifester pour exiger un report de la présidentielle prévue en août de cette même année et à laquelle il envisageait de se présenter, face au président sortant Paul Kagame, finalement large vainqueur.

Il avait été condamné à quatre ans de prison ferme en février 2011 pour atteinte à la sûreté de l'Etat, appel à la division ethnique et organisation d'une manifestation non autorisée, une peine confirmée en appel.

Me Ntaganda avait réfuté ces accusations et dénoncé des poursuites "politiques". Quelques mois avant son arrestation, il avait été écarté de la présidence du PS-Imberakuri, seul réel parti d'opposition à être, à l'époque, légalement enregistré au Rwanda, une manoeuvre selon lui de partisans du pouvoir pour prendre le contrôle de cette formation dont il était l'un des fondateurs.

A l'époque, Amnesty international avait dénoncé la condamnation de Me Ntaganda, l'estimant "uniquement fondée sur ses discours critiquant les politiques du gouvernement".

En janvier dernier le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, Maina Kiai, avait critiqué le manque de "pluralisme" de la société rwandaise, estimant que les autorités décourageaient "les critiques publiques et les divergences" via des "accusations" notamment de négation du génocide et "divisionnisme" contre leurs auteurs.

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