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Roland-Garros - Murray se détache à la nuit tombée

04/06/2014 04:50 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Alors que le soleil venait tout juste de se coucher à l'horizon, Andy Murray a fini par s'imposer devant Gaël Monfils au bout d'un match insensé mercredi en quart de finale de Roland-Garros, Rafael Nadal ayant lui tout juste eu le temps de passer.

Cette édition 2014 avait un peu péché par manque d'émotions jusque-là. Cette journée, marquée d'abord par la pluie, qui a retardé de trois heures le début des matches, puis par ce final fascinant, a permis de rattraper cet oubli.

Monfils, tête de série N.23, et Murray (N.7) se sont livré un match d'anthologie, pas tant pour le niveau de jeu qui n'a jamais atteint des sommets que par son scénario assez invraisemblable.

Le Britannique, déjà demi-finaliste à Paris en 2011, s'est imposé en cinq sets 6-4, 6-1, 4-6, 1-6, 6-0, après avoir assisté impuissant au réveil de Monfils dans la troisième et la quatrième manche.

Comme s'il avait mieux digéré la longue attente due à la pluie, Murray est d'abord apparu beaucoup plus mordant que le Français, étrangement passif dans les deux premiers sets.

Mais ce dernier, fidèle à sa réputation de personnage fantasque, s'est subitement réveillé dans le troisième. Il a commencé à frapper avec la force du désespoir dans chaque balle.

Poussé par un public en transe, il a réussi à revenir à deux sets partout. Murray paraissait alors désemparé, et en appelait même au superviseur pour réclamer le report du match au lendemain, la luminosité ayant bien décliné.

- Monfils très frustré -

Une demande refusée. Et alors que personne n'imaginait voir le match se terminer avant la tombée de la nuit, les jeux ont commencé à défiler pour l'Ecossais dans le cinquième set.

En à peine 24 minutes, Murray en a fini avec ce dernier set, qui s'est achevé vers 21h40 (19h40 GMT), sans doute un record dans l'histoire de Roland-Garros.

"C'était difficile parce que les conditions faisaient que le jeu était ralenti", a-t-il expliqué. "Gaël a formidablement bien joué dans les troisième et quatrième sets où il était plus agressif. J'ai été un peu chanceux à la fin."

En demie, Murray affrontera donc Nadal (N.1), octuple vainqueur du tournoi, qui comme en 2013 en finale, avait quelques minutes plus tôt dominé (4-6, 6-4, 6-0, 6-1) son compatriote David Ferrer (N.5).

L'Espagnol a ainsi signé sa 33e victoire d'affilée à Roland-Garros, où il n'a subi qu'une défaite en 65 matches, en 2009 face au Suédois Robin Söderling.

Il y a un an, submergé par le stress pour sa première finale en Grand Chelem, Ferrer avait été balayé par son compatriote en trois sets (6-3, 6-2, 6-3).

- Ferrer s'est effondré -

Dans un contexte différent, le Valencien a d'abord constamment agressé Nadal pour s'offrir la première manche. C'était le premier set concédé par Nadal depuis le début du tournoi, et aussi le premier gagné par Ferrer face à son grand rival en trois matches à Roland-Garros.

Mais le Valencien n'a pas été capable de maintenir très longtemps la même intensité. Pourtant réputé pour son endurance, il s'est effondré dans les deux derniers sets, au cours desquels Nadal a limité au strict minimum son nombre de fautes directes (3).

Les quarts messieurs ont terminé aussi tardivement à cause des caprices de la météo. Prévus à 14h00 (12h00 GMT), les deux derniers quarts dames n'ont commencé que vers 17h00 (15h00 GMT).

Heureusement pour le public, Andrea Petkovic et Simona Halep ont rapidement plié les choses, pour chacune accéder pour la première fois de leur carrière aux demi-finales d'un tournoi du Grand Chelem,

Petkovic (N.28) a écrasé (6-2, 6-2) l'Italienne Sara Errani (N.10), finaliste en 2012, et Halep a fait exactement de même avec la Russe Svetlana Kuznetsova (N.28), sacrée à Paris en 2009.

C'est un retour au top pour Petkovic, qui avait été N.9 mondiale en octobre 2011, avant de chuter dans les tréfonds du classement après plusieurs blessures sérieuses.

Halep, 22 ans, qui n'était encore que 57e mondiale il y a un an, a elle confirmé tous les progrès montrés au cours d'une année où elle a enlevé pas moins de sept titres.

cyb/jgu

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